Candidat en entretien d'embauche face à une question piège

Répondez de façon unique à «Pourquoi voulez-vous ce poste ?»

Répondez de façon unique à «Pourquoi voulez-vous ce poste ?»

Vous dites que vous voulez ce poste. Mais vous savez pourquoi, vraiment ?

Ce n’est pas une attaque. C’est une question à prendre au sérieux.

Parce que le jour de l’entretien d’embauche, elle arrivera, posée avec un sourire aimable et une voix neutre :

« Pourquoi voulez-vous ce poste ? »

Et là, deux choses peuvent se passer. Soit vous récitez ce que vous pensez qu’il faut dire. Soit vous dites quelque chose d’assez juste pour qu’en face, ça crée un silence un peu dense, un peu suspendu.

Un silence qui dit :

« OK, on va pouvoir parler pour de vrai. »

Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas votre capacité à faire un bon pitch. C’est votre capacité à vous situer. Pas seulement par rapport au poste, mais par rapport à vous-même.

Pourquoi vous êtes là, maintenant ? Pourquoi ce poste et pas un autre ? Pourquoi vous avez postulé, au-delà des formulations qu’on vous a apprises ?

Beaucoup de candidats répondent avec de bons arguments. Très peu répondent avec de vrais ancrages.

Parce que cette question, en réalité, met en lumière un rapport au travail, au désir, à la projection. Elle ne demande pas une explication. Elle vous demande une position.

Et si vous ne savez pas encore où vous en êtes, ça va s’entendre. Pas parce que vous allez dire une bêtise. Mais parce que vous n’allez rien dire d’essentiel.

Ce que je vous propose ici, ce n’est pas une formule magique. C’est un point de départ pour remettre de l’intelligence et un peu d’honnêteté là où tout le monde cherche à bien se vendre.

Parce que votre réponse, si elle est juste, n’aura pas besoin d’être impressionnante.

Entrons maintenant dans le vif du sujet.

Sommaire

Ce que cette question dit de vous (sans que vous le sachiez)

À première vue, c’est une simple formalité. Une étape attendue dans l’entretien d’embauche. Une manière polie de creuser vos motivations.

Mais en réalité, cette question ne parle pas du poste. Elle parle de vous. De votre capacité à vous orienter, à vous positionner, à assumer ce que vous voulez.

C’est pour ça qu’elle est si redoutable. Parce qu’elle est posée dans une langue neutre et qu’elle attend une réponse incarnée. Parce qu’elle a l’air factuelle alors qu’elle scrute votre clarté intérieure.

C’est une manière déguisée de vous demander :

  • Est-ce que vous êtes là pour de bonnes raisons ?
  • Est-ce que vous êtes en train de fuir quelque chose ?
  • Est-ce que vous venez vers, ou est-ce que vous partez de ?

Et très vite, le corps parle. La voix hésite, le regard flotte, le ton change. Parce qu’au fond, ce que vous cherchez ne tient pas forcément debout.

Pas encore. Et ce n’est pas grave. Mais c’est là que commence le vrai travail.

Vous n’avez pas besoin d’un meilleur argumentaire. Vous avez besoin d’une meilleure compréhension de ce que vous êtes en train de faire là. Face au recruteur, face à vous-même.

Analyse de la question pourquoi ce poste en entretien

Elle évalue votre désir, pas vos arguments

Ce que vous répondez à cette question n’intéresse personne. Ce qu’on écoute, c’est d’où ça part.

Vous pouvez parler de votre admiration pour l’entreprise, de votre alignement avec la mission, de votre attrait pour les responsabilités proposées. Mais si tout ça n’est porté par rien de plus profond, ça sonne juste… mais creux.

Parce que cette question n’évalue pas la pertinence de vos arguments. Elle évalue le niveau de désir qu’ils traduisent.

Et la différence est énorme.

La motivation, c’est ce que vous activez pour avancer. Le désir, c’est ce qui vous met en mouvement, même quand vous ne l’avez pas décidé.

On peut être très motivé pour obtenir un poste, et n’avoir aucun désir réel d’y aller. On peut vouloir réussir son entretien, et ne pas vouloir vivre la vie que ce poste implique.

Ce que cherche le recruteur, ce n’est pas de la motivation temporaire. C’est de la direction intérieure. Une trajectoire qui vous mène naturellement vers ce type de rôle, ce type d’équipe, ce type d’entreprise. Et cette direction, on ne peut pas la simuler. On peut la travailler, l’éclairer, la clarifier… Mais si elle n’existe pas, rien ne prendra.

C’est pour ça que certaines réponses font mouche sans être parfaites. Parce qu’elles vous donnent l’occasion de parler de vous. Parce qu’elles sont traversées par un mouvement sincère. Un élan. Une envie. Quelque chose de vivant.

Et c’est aussi pour ça que certaines réponses pourtant bien formulées tombent à plat. Parce qu’elles sont calculées à l’extérieur, mais vides à l’intérieur.

Le désir ne s’entend pas dans les mots. Il se devine dans la façon dont vous habitez votre réponse. Dans votre regard. Votre énergie. Votre rapport au silence.

Ce n’est pas quantifiable, ni technique. Mais c’est ce qui distingue une candidature… d’une simple tentative.

Alors avant de chercher ce qu’il faut dire, posez-vous une question plus directe :

Est-ce que j’ai vraiment envie de ce poste, ou juste envie de le décrocher ?

Parce que si c’est juste pour l’avoir, vous pourrez faire illusion. Mais pas longtemps.

Elle révèle si vous savez vraiment ce que vous voulez

Il y a des réponses qui tiennent la route. Chaque mot est pesé, chaque phrase retombe sur ses pattes. Sur le papier, tout est logique. Mais dans la salle, quelque chose cloche.

Et ce quelque chose, c’est vous.

Pas vous en tant que personne. Vous en tant que présence floue dans votre propre récit.

Parce qu’au fond, cette question, « Pourquoi voulez-vous ce poste ? », ne fait que mettre un projecteur sur la manière dont vous vous racontez. Et elle révèle, sans pitié, si ce récit tient debout.

Certains arrivent avec un discours bien huilé :

« Je cherche à évoluer vers un poste plus stratégique. »

« J’ai toujours été attiré par votre secteur. »

« Ce poste correspond parfaitement à mon profil. »

Très bien. Mais à l’intérieur de vous, est-ce que ça tient ?

Pas en surface. Pas en storytelling. En profondeur.

Est-ce que ce que vous dites vient d’un endroit clair, ou d’un endroit stratégique ? Est-ce que vous êtes en train d’expliquer un vrai mouvement, ou juste de combler un vide ?

Le problème, ce n’est pas de ne pas être parfaitement aligné. Le problème, c’est de vouloir à tout prix donner l’illusion que vous l’êtes.

Et là, tout se fissure. Parce qu’une réponse trop bien ficelée trahit une peur : celle qu’on découvre que vous ne savez pas trop où vous allez. Alors vous brodez. Vous plaquez un fil narratif là où il y avait des tentatives. Vous collez des intentions là où il y avait juste un besoin de bouger.

Mais ce que le recruteur entend, ce n’est pas votre version du réel. C’est votre niveau de clarté intérieure :

  • Est-ce que vous vous êtes regardé en face ?
  • Est-ce que vous savez ce qui vous anime ?
  • Est-ce que vous êtes capable de poser votre parcours, avec ses vides, ses virages, ses hésitations, sans chercher à les maquiller ?

Cette question n’attend pas la perfection.

Elle attend de la netteté. Pas dans la forme. Dans le fond. Dans la manière dont vous êtes capable de dire :

« Voici d’où je viens, voici ce que j’ai compris, et voilà pourquoi ce poste fait sens, maintenant. »

Et si vous n’en êtes pas encore là, ce n’est pas grave.
Mais c’est là qu’il faut aller.
Pas pour eux.
Pour vous.

Pourquoi vos réponses semblent bidon aux recruteurs

Il y a un grand malentendu sur les entretiens. Beaucoup de candidats pensent qu’on attend une réponse intelligente. Alors ils travaillent leur discours, ils cochent des cases, ils s’alignent sur les valeurs de l’entreprise, ils préparent leurs arguments.

Et pourtant, une fois dans la salle, leur parole tombe à plat.

Pas parce qu’elle est fausse. Parce qu’elle est morte. Éteinte. Vide.

La vérité, c’est que la question « Pourquoi voulez-vous ce poste ? » se ressent.

Et ce qui se ressent, ce n’est pas votre logique. C’est votre alignement. Votre tension intérieure. Ce que ça vous coûte d’être là, et ce que ça vous dit de vous-même.

Quand une réponse sonne faux, ce n’est pas parce qu’elle manque d’arguments. C’est parce qu’elle manque de nécessité. On ne sent pas le poids de votre choix. On ne sent pas ce que ça engage pour vous.

Ce n’est pas la sincérité qui manque. C’est le courage d’y mettre du vrai.

Dans cette partie, on va voir deux types de réponses qui échouent pour des raisons opposées. Celles qui s’oublient dans le discours sur l’entreprise. Et celles qui s’enferment dans des raisons logiques… mais sans vie.

Pas pour les juger. Mais pour les dépasser.

Parce que vous n’êtes pas là pour donner la bonne réponse. Vous êtes là pour vous poser à l’endroit juste.

Réponses d'entretien trop génériques ou trop tournées vers l'entreprise à la question Pourquoi voulez-vous ce poste

Trop centrées sur l’entreprise, pas sur vous

C’est une erreur qu’on fait souvent de bonne foi. Vous vous dites : si je parle de l’entreprise, de ses valeurs, de sa mission, de ses résultats… ça va montrer que je suis motivé. Que je me suis renseigné. Que je me projette.

Et oui, vous montrez quelque chose. Mais pas ce que vous croyez.

Parce que quand vous commencez votre réponse par :

« J’ai toujours été admiratif de votre engagement RSE. »

ou

« Votre croissance à deux chiffres et votre présence à l’international m’ont beaucoup impressionné »,

vous êtes déjà à côté de la question.

Pas parce que c’est faux. Parce que ce n’est pas la vôtre.

Ce que vous montrez, en réalité, c’est que vous regardez encore de l’extérieur. Comme un visiteur au musée. Un fan bien renseigné. Un spectateur appliqué.

Mais ce poste, ce n’est pas une œuvre à admirer. C’est une place à prendre.

Et cette place, vous ne pouvez pas la justifier uniquement par ce que représente l’entreprise. Vous devez la justifier par ce que ça active chez vous.

Admirer l’entreprise, c’est facile. Trouver ce que ce poste vient nourrir dans votre trajectoire, c’est autre chose. C’est plus exigeant. Plus risqué. Plus vrai.

Le recruteur, lui, connaît son entreprise. Ce qu’il cherche à savoir, c’est si vous vous connaissez assez pour savoir pourquoi vous avez choisi cet endroit précis pour avancer.

Et là, tout change.

Parler de l’entreprise, ça rassure. Parler de vous, ça engage.

Mais c’est seulement à partir du moment où vous parlez depuis vous que la réponse commence à exister. Pas à briller. À exister.

Vous pouvez dire que l’entreprise vous inspire. Mais qu’est-ce que ça implique pour vous, maintenant ? Qu’est-ce que ça vient révéler de votre désir d’apprendre, de changer, de contribuer ? Qu’est-ce que ce poste réveille de non-négociable, chez vous ?

C’est ça, le véritable enjeu.

Trop génériques, pas assez vécue

Il y a des réponses qui cochent toutes les cases. La fiche de poste vous correspond. L’entreprise est bien située. Le secteur est porteur. L’équipe semble sympa. Et vous avez, bien entendu, les compétences requises.

Sur le papier, rien à redire. C’est fluide, logique, rationnel.

Mais ça ne prend pas.

Pas parce que c’est faux. Parce que ça n’implique rien.

C’est une suite de bonnes raisons. Mais aucune n’est assez forte pour que ce poste devienne une évidence.

Vous pouvez très bien vouloir ce poste. Mais si vous ne pouvez pas formuler ce que ça vient résoudre, nourrir ou cristalliser, alors ce n’est pas encore une réponse. C’est un décor.

Et le recruteur le sent. Il sent que vous avez travaillé votre discours. Mais que ce discours ne repose sur rien d’irréductible.

La bonne raison, ce n’est pas celle qui sonne bien. C’est celle sans laquelle tout votre projet s’écroule. Celle qu’on ne peut pas vous enlever sans briser la cohérence de votre présence :

« Parce que c’est la première fois qu’un rôle me permettrait de… »

« Parce que je veux mettre mon énergie là où… »

« Parce qu’après avoir exploré ça, j’ai compris que je ne pouvais plus passer à côté de… »

Ce genre de phrases n’est pas stratégique. Il est radical. Parce qu’il dit ce que vous n’êtes plus prêt à négocier.

Et c’est ça, la vraie bonne raison. Celle qui vous positionne. Celle qui vous expose. Celle qui, si on vous la conteste, ne vous fait pas reculer.

Pas besoin qu’elle soit spectaculaire. Elle doit juste être vraie au point que vous ne puissiez pas faire semblant.

Tant que vous restez dans l’addition d’arguments raisonnables, vous êtes crédible.
Mais tant que vous ne touchez pas ce point d’irréversibilité intérieure, vous n’êtes pas encore lisible.

Et dans un entretien, entre crédible et lisible, le choix est vite fait.

Une bonne réponse, c’est une réponse incarnée

On croit souvent qu’une bonne réponse est une réponse maîtrisée. Structurée. Rassurante. Alignée sur les mots-clés de l’annonce. On croit qu’elle doit tenir debout toute seule, comme un bon pitch. Mais ce n’est pas ça, une vraie réponse.

Une vraie réponse, c’est une parole qui a du mouvement. Quelque chose qui ne récite pas, mais qui se tient debout parce qu’elle tient à cœur.

Et ça change tout.

Ce n’est pas une démonstration. C’est une présence. Un moment où, l’espace de quelques phrases, vous apparaissez, pas comme un candidat parfait, mais comme un être humain avec une direction.

Ce qu’on perçoit dans une bonne réponse, ce n’est pas la perfection du raisonnement. C’est la clarté du lien entre vous et le poste. Un lien tissé de parcours, de choix, d’envies, d’élans parfois bancals, mais vrais.

Et surtout : un lien que vous assumez.

Parce que ce qu’on écoute, ce n’est pas juste ce que vous dites. C’est la manière dont vous habitez ce que vous dites.

Une réponse vivante, ce n’est pas une improvisation.
C’est une parole préparée, mais pas figée.
Une parole qui connaît son fil, mais qui accepte les silences, les inflexions, les nuances.
Une parole capable de dire :

« Voilà pourquoi je suis là. Je ne prétends pas tout savoir. Mais je sais ce que je cherche. Et ce poste, à ce moment-là de ma vie, fait sens. »

Pas besoin de briller. Il suffit de vous tenir à l’endroit juste entre votre histoire et ce que vous voulez construire.

C’est ça qu’on veut entendre.

Réponse personnelle, authentique et incarnée en entretien d’embauche

Elle vient de plus loin que l’intitulé du poste

Une bonne réponse ne naît pas la veille de l’entretien. Elle n’est pas le fruit d’un exercice de style. Elle ne se fabrique pas à coups d’arguments bien tournés.

Elle naît de plus loin. Elle vient d’un endroit en vous que vous avez mis du temps à clarifier. Et c’est précisément pour ça qu’elle tient debout. Parce qu’elle prend appui sur un mouvement réel.

Le problème de beaucoup de réponses, c’est qu’elles ne dépassent pas le cadre du poste. Elles sont fonctionnelles, concentrées sur les missions, sur les compétences, sur ce que « vous pouvez apporter ». Mais elles ne disent rien de ce que ce poste vient toucher dans votre trajectoire.

Or, tout le monde a une trajectoire. Même sinueuse. Même chaotique. Même difficile à formuler.

Et dans cette trajectoire, il y a forcément une tension, un besoin, un fil. Quelque chose qui fait que, aujourd’hui, ce poste ne ressemble pas à un hasard. Quelque chose qui dit : voilà pourquoi j’arrive ici. Voilà ce que ce job représente pour moi.

Une vraie réponse, c’est une prise de position intérieure. C’est dire :

« Ce que vous proposez, à ce moment-là de ma vie, répond à une recherche que je porte depuis un moment. »

Pas forcément de manière consciente. Mais suffisamment clairement pour que ça fasse écho.

Et c’est là que la réponse devient vivante. Quand on sent qu’elle ne s’arrête pas au périmètre du poste. Quand elle s’inscrit dans une continuité, ou dans une rupture pleinement assumée. Quand elle fait apparaître une cohérence, pas une justification.

On ne vous demande pas de raconter toute votre vie. Mais on veut sentir que ce poste n’est pas juste un choix pratique. Qu’il s’insère dans une logique de construction personnelle, même si elle est en cours, même si elle reste imparfaite.

C’est cette tension entre ce que vous avez fait, ce que vous comprenez de vous, et ce que vous voulez maintenant, qui donne à votre réponse son poids. Et ce poids-là, aucune stratégie ne peut l’inventer.

Il vient de ce que vous vous êtes permis de voir. Et de ce que vous êtes prêt à dire.

Elle affirme un désir, sans quémander

Vouloir un poste ne veut pas dire quémander une chance.

Et pourtant, dans la plupart des réponses, cette confusion est palpable. Ça commence fort :

« Ce poste représente exactement ce que je cherche. »

Mais très vite, ça glisse vers :

« J’espère avoir l’opportunité de vous convaincre. »

« Je serais honoré de pouvoir intégrer vos équipes. »

« Je suis prêt à m’investir à 200 %, si vous me donnez cette chance. »

Et là, sans vous en rendre compte, vous venez de renverser la dynamique.

Votre désir s’efface derrière une demande de validation. Votre posture devient celle de quelqu’un qui espère être choisi, pas celle de quelqu’un qui sait pourquoi il est là.

Soyons clairs, il ne s’agit pas de nier le fait que vous avez besoin de ce poste. Il s’agit de ne pas vous définir par ce besoin.

Parce qu’un recruteur ne cherche pas un mendiant motivé. Il cherche une personne debout, capable d’articuler un désir professionnel sans s’excuser de l’avoir.

Et cette posture n’est pas qu’une question de ton. C’est une question de fond. C’est ce qui fait la différence entre :

« Je vous supplie de m’accorder votre attention. »

et

« Voici pourquoi je suis ici, et pourquoi je pense que ça peut faire sens pour vous comme pour moi. »

Une bonne réponse ne se plie pas en quatre. Elle pose une direction. Elle formule une intention. Elle tient sa ligne.

Elle dit « je veux » pas en criant, pas en s’excusant, pas en enjolivant. Elle le dit calmement, fermement, humainement. Et ça suffit.

Parce que dans un monde de candidatures désespérées, quelqu’un qui formule un désir clair sans supplier devient immédiatement crédible.

Et même si on ne vous choisit pas cette fois, on vous respecte.
Et ça, c’est le socle sur lequel se construit une carrière.

Elle ouvre un avenir, sans tout figer

Une réponse solide ne se contente pas de justifier le présent. Elle laisse deviner ce qui peut venir après. Pas parce qu’on vous le demande explicitement. Mais parce qu’elle s’ouvre naturellement sur un mouvement.

Beaucoup de candidats restent enfermés dans le passé. Ils parlent de leur formation, de leurs expériences, de leur expertise. Ils tracent une ligne droite, solide, sécurisante. Mais ils oublient d’indiquer la direction.

Or, ce qu’un recruteur cherche, ce n’est pas juste d’où vous venez, c’est où vous allez avec eux. Et ce futur, il ne doit pas être flou. Mais il ne doit pas non plus être rigide.

Il doit donner envie de vous suivre.
Ou au moins de vous laisser une place pour avancer.

Une bonne réponse, c’est celle qui dit entre les lignes :

« Ce poste est une étape, pas une case. »

« Ce que vous proposez résonne avec ce que je veux construire. »

« Je vois ce que je peux faire ici, mais je vois aussi ce que je peux devenir. »

Pas besoin d’expliquer que vous voulez devenir manager dans trois ans. Pas besoin d’écrire votre plan de carrière en bullet points.

Ce qu’il faut, c’est qu’on sente une dynamique. Une trajectoire en expansion. Un regard tourné vers l’avant, sans arrogance, mais sans repli non plus.

Parce que si vous donnez l’impression que ce poste est une fin en soi,
vous êtes en train de dire, sans le vouloir :

« Je ne demande qu’à être occupé. Pas à m’épanouir. »

Mais si vous montrez que ce rôle ouvre un espace fertile, alors vous activez un levier puissant. Vous vous positionnez comme une ressource en devenir, pas comme une variable d’ajustement.

Et c’est là que la réponse devient plus qu’un bon discours. Elle devient une proposition de futur. Pas un rêve. Une proposition sincère, habitée, articulée. Et dans un monde saturé de candidatures bien polies, c’est cette projection-là qui fait la différence.

Conclusion

Au fond, cette question, « Pourquoi ce poste ? », n’est jamais une vraie question. C’est un prétexte. Un test sans protocole. Un miroir tendu pour voir si, en face, il y a quelqu’un.

Quelqu’un qui ne cherche pas seulement à obtenir un emploi, mais qui est capable de poser un choix.

Un choix nourri, pas décoré. Un choix clair, pas formaté. Un choix qui ne récite pas une histoire, mais qui dit une présence.

Parce qu’en entretien, ce qui retient l’attention, ce n’est pas la fluidité de votre discours. C’est ce moment fragile où vous devenez crédible parce que vous devenez vrai. Pas parfait. Vrai.

Et cette vérité-là ne se prépare pas à coups de phrases toutes faites. Elle se prépare en creusant votre ligne intérieure. En regardant d’un peu plus près ce que vous voulez, ce que vous êtes prêt à quitter et ce que vous vous autorisez à viser.

Pas pour convaincre. Pour exister pleinement là où vous postulez.

Parce qu’à la fin, un entretien ne décide pas de votre valeur. Il révèle juste si vous êtes prêt à l’assumer.

Alors la prochaine fois qu’on vous demandera pourquoi ce poste, n’essayez pas de dire ce qu’on attend. Essayez de dire ce qui est juste pour vous, même si ça tremble un peu.

Et vous verrez. Ça suffit largement.

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