Répondre à la question « Où en êtes-vous dans votre recherche ? » en entretien

Où en êtes-vous dans votre recherche

Répondre à la question « Où en êtes-vous dans votre recherche ? » en entretien

où en êtes-vous dans votre recherche - Entretien d'embauche

Répondre à la question « Où en êtes-vous dans votre recherche ? » en entretien

Il y a des phrases qui sentent la politesse, et d’autres qui sentent le contrôle.
« Où en êtes-vous dans votre recherche  ? » fait partie de la deuxième catégorie.

Elle tombe souvent vers le milieu ou la fin de l’entretien d’embauche, quand vous commencez à respirer un peu mieux. Le recruteur referme son carnet, vous sourit, et lâche ça, l’air de rien. Et vous sentez immédiatement que la bonne réponse n’existe pas vraiment.

Si vous dites que vous avez plein de pistes, vous avez peur de paraître instable, volage, presque infidèle professionnellement.
Si vous dites que vous n’avez rien, vous avez peur de passer pour un produit invendu.
Si vous contournez la question, vous vous dites qu’il va vous prendre pour quelqu’un de flou, pas clair sur ses choix.

Vous êtes là, en face de quelqu’un qui a déjà un CDI, un badge, une chaise à son nom, et vous devez résumer l’état de votre vie professionnelle en deux phrases stratégiques. Le tout sans rougir, sans mentir, sans quémander.

Ce guide est là pour ça  :

  • comprendre ce que le recruteur cherche vraiment en posant cette question  ;
  • éviter les réponses qui vous plombent  ;
  • construire une réponse honnête, stratégique, respectueuse de vous-même  ;
  • et, tant qu’à faire, profiter de ce moment pour vous demander  : « Où j’en suis, moi, pour de vrai  ? »

On va regarder cette question comme un chirurgien regarde une radio  : avec précision, sans panique inutile, mais sans mensonge non plus.

Entrons maintenant dans le vif du sujet.

1. Pourquoi les recruteurs posent-ils la question « Où en êtes-vous dans votre recherche d’emploi  ? »

Avant de chercher la bonne réponse, il faut comprendre la question. Pas celle qui est prononcée, celle qui se cache derrière.

Non, le recruteur ne vous demande pas un rapport détaillé de vos angoisses nocturnes sur LinkedIn. Il essaie de se situer  : où vous en êtes dans votre marché, dans votre tête, dans votre capacité à vous projeter.

1.1. Que cherche vraiment à savoir le recruteur quand il vous demande où vous en êtes  ?

Quand un recruteur pose « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? », il veut, en général, trois informations  :

  1. Votre niveau d’avancement
    Êtes-vous au début de votre démarche, en plein milieu, ou déjà presque signé ailleurs  ?
    En clair  : Combien de temps j’ai devant moi avant que quelqu’un d’autre vous prenne  ?
  2. Votre attractivité sur le marché
    Avez-vous des entretiens  ? Des retours positifs  ? Aucun signe de vie des autres recruteurs  ?
    Il ne s’agit pas de vous juger moralement. C’est un indicateur  : un profil que personne ne retient interroge, un profil très sollicité aussi.
  3. Votre capacité à parler de vous avec clarté
    Êtes-vous capable de dire où vous en êtes sans vous perdre en justifications, sans dramatiser, sans fanfaronner  ?
    C’est un test de maturité professionnelle. On ne vous demande pas d’être serein, mais d’être lucide.

En résumé  : le recruteur ne cherche pas à vous humilier, il cherche à vous situer dans sa carte mentale du processus de recrutement.

1.2. Comment cette question l’aide-t-elle à gérer son calendrier de recrutement  ?

Un processus de recrutement, ce n’est pas un coup de foudre romantique. C’est une mécanique avec  :

  • plusieurs candidats,
  • plusieurs étapes,
  • des agendas qui ne coïncident jamais,
  • des besoins internes plus ou moins urgents.

Quand il demande « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? », le recruteur se pose souvent ces questions très pragmatiques  :

  • Dois-je accélérer si je veux avoir une chance de vous retenir  ?
  • Est-ce que je peux me permettre une étape supplémentaire  ?
  • Risque-t-on de vous perdre au profit d’un concurrent si on traîne trop  ?

Si vous répondez, par exemple  :

« Je suis en discussion avancée avec une autre entreprise, avec une décision prévue d’ici deux semaines »,

il comprend qu’il doit accélérer, ou vous laisser filer.
S’il entend  :

« Je commence tout juste mes démarches »,

il sait qu’il a un peu plus de marge.

Vous ne faites pas du chantage. Vous l’aidez simplement à ajuster son tempo.

1.3. Pourquoi cette question teste aussi votre maturité professionnelle  ?

Votre manière de répondre à « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? » en dit long sur  :

  • votre capacité à vous situer dans un processus  ;
  • votre aptitude à parler de vous sans vous excuser ni vous vanter  ;
  • votre façon de gérer une situation légèrement inconfortable.

Un adulte professionnel, ce n’est pas quelqu’un qui a tout réussi.
C’est quelqu’un qui sait dire, calmement  : « Voilà la réalité, voilà comment je la gère. »

Une réponse posée, structurée, sans dramatisation, envoie ce message  :

« Je ne suis pas un candidat parfait, mais je suis un adulte fiable, qui sait où il met les pieds. »

Et ça, pour un recruteur, c’est presque aussi important que votre niveau d’Excel.

2. Quelles sont les pires réponses à « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? » en entretien  ?

Avant de construire la bonne réponse, regardons les mauvaises. Celles qui vous glissent des peaux de banane sous les pieds sans que vous vous en rendiez compte.

Il ne s’agit pas de vous culpabiliser  : ces réponses viennent souvent de la peur. Mais les voir clairement aide à faire mieux.

2.1. Faut-il tout raconter en détail quand on vous demande où vous en êtes  ?

Non.

« Tout raconter » est l’une des erreurs les plus fréquentes. Par exemple  :

« Alors j’ai postulé à une vingtaine d’offres, j’ai eu trois entretiens, un qui s’est mal passé parce qu’ils voulaient quelqu’un de plus expérimenté, j’ai aussi été recalé après un cas pratique, et là j’attends le retour d’un cabinet de recrutement, mais je n’y crois pas trop… »

Problèmes de ce type de réponse  :

  • Vous donnez une impression de dispersion, voire de panique.
  • Vous exposez toutes vos blessures ouvertes.
  • Vous transformez l’entretien en séance de thérapie improvisée.

Le recruteur n’a pas besoin d’un journal intime.
Il a besoin d’une vue d’ensemble claire  :

« J’ai lancé activement ma recherche il y a environ un mois. J’ai eu quelques entretiens qui m’ont aidé à préciser ce que je cherche. Aujourd’hui, je suis en discussion avec deux entreprises sur des postes comparables au vôtre, et j’aimerais vraiment approfondir celui-ci, car il correspond mieux à [telle dimension]. »

Vous ne trichez pas, vous faites simplement un résumé intelligent.

2.2. Pourquoi répondre « Je n’ai rien d’autre » peut vous desservir  ?

On vous a appris à être honnête. Bien.
Mais répondre brutalement  :

« Franchement, je n’ai aucune autre piste, c’est le néant »,

envoie malgré vous plusieurs signaux  :

  • Manque de recul sur vous-même  : vous vous présentez comme un cas désespéré.
  • Risque perçu  : pourquoi, avec vos compétences, personne ne vous appelle  ?
  • Rapport de force déséquilibré  : vous vous placez d’emblée en position de quémandeur.

La vérité, c’est que vous pouvez très bien être un excellent profil sans avoir d’autres entretiens. Le marché est arbitraire, lent, injuste.

Mais au lieu de se flageller, on peut dire  :

« Pour le moment, je suis concentré sur quelques pistes ciblées plutôt que sur un volume d’entretiens. Votre poste fait partie des premières opportunités qui correspondent vraiment à ce que je cherche, c’est aussi pour cela que je souhaite aller au bout de ce processus. »

Vous dites la même chose – « je n’ai pas dix process en parallèle » – mais sans vous rabaisser.

2.3. En quoi exagérer ou mentir sur vos autres pistes est un piège  ?

La tentation est forte  :

« Si je lui dis que j’ai d’autres offres, il va se dépêcher. »

Sauf que  :

  1. Si vous surjouez l’attractivité (« J’ai trois offres sur la table ») sans que ce soit crédible, le recruteur peut se dire  :

    « Très bien, bon courage à vous. »
    Et vous perdez une piste pour une fanfaronnade.

  2. S’il creuse (« Dans quels secteurs  ? À quel stade  ? ») et que vous vous embrouillez, vous perdez en confiance.
  3. Surtout, vous vous mettez vous-même dans une position intenable  :
    il faut entretenir le mensonge à chaque étape.

Une stratégie plus saine  :

  • ne pas inventer des pistes qui n’existent pas  ;
  • mais ne pas minimiser votre réalité non plus.

Par exemple  :

« J’ai quelques échanges en cours, à des stades variés. Je préfère rester discret sur les noms des entreprises par respect pour chaque processus, mais ce sont des postes avec des responsabilités proches de ce que nous évoquons aujourd’hui. Pour autant, je ne suis pas dans une logique de précipitation  : je cherche surtout le bon alignement. »

Vous restez dans le vrai, sans tout déballer, sans vous surévaluer.

3. Comment structurer une bonne réponse à « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? »

Une bonne réponse n’est pas un numéro d’équilibriste. C’est une petite structure claire, que vous pouvez adapter à votre cas sans réciter un texte.

Pensez-la en quatre briques  : contexte – volume – cohérence – projection.

3.1. Quelle méthode simple pour présenter vos démarches sans vous justifier  ?

Voici une façon simple de procéder pour parler de vos autres processus de recrutement  :

  1. Le contexte temporel
    Situez le début de votre recherche  :

    « J’ai lancé activement ma recherche il y a deux mois. »
    « Je suis en veille depuis quelques semaines. »

  2. Le volume et la nature de vos démarches
    Sans noyer dans les chiffres, donnez un ordre de grandeur  :

    « J’ai engagé quelques entretiens ciblés. »
    « Je suis encore surtout en phase d’exploration. »

  3. La cohérence de vos cibles
    Montrez que vous ne tirez pas dans tous les sens  :

    « Je me concentre sur des postes de [fonction] dans des structures de [type], avec [telle dimension importante pour vous]. »

  4. La place de ce poste dans l’ensemble
    Expliquez pourquoi cette opportunité compte  :

    « C’est d’ailleurs pour cela que votre poste est particulièrement intéressant pour moi  : il combine [X] et [Y], ce qui est exactement ce que je cherche. »

Vous n’êtes ni dans l’aveu forcé, ni dans la mise en scène  : vous décrivez la situation.

3.2. Comment montrer que ce poste est une priorité sans supplier  ?

Vous n’avez pas besoin de vous rouler à terre pour montrer votre motivation. Il suffit de l’ancrer dans du concret.

Par exemple  :

« Parmi les opportunités que j’étudie actuellement, la vôtre se distingue par deux éléments  : la taille de l’équipe, qui me permettrait d’avoir un impact visible, et la phase de développement du produit, qui correspond à ce que j’ai envie de vivre après [telle expérience]. C’est pour cela que je la traite comme une priorité. »

Ici, vous dites trois choses importantes  :

  • vous avez des options,
  • vous savez pourquoi celle-ci vous attire,
  • et ce n’est pas parce que vous avez “besoin de tout et de n’importe quoi” .

Vous pouvez aussi retourner légèrement la question, avec tact  :

« De votre côté, avez-vous une échéance en tête pour la prise de poste  ? Ça m’aidera aussi à me projeter par rapport aux autres démarches. »

Vous signalez ainsi que votre temps a de la valeur, autant que le leur.

3.3. Quelles phrases utiliser pour rester honnête mais stratégique  ?

Voici quelques formulations que vous pouvez adapter  :

  • Pour une situation plutôt en début de recherche

    « J’ai lancé ma recherche récemment. Pour l’instant, je privilégie quelques démarches ciblées, dont la vôtre fait partie. Je ne suis pas pressé à tout prix, je cherche surtout un contexte dans lequel je pourrai m’inscrire sur la durée. »

  • Pour une situation déjà avancée avec d’autres

    « J’ai un processus qui arrive dans une phase de décision d’ici deux semaines, et un autre plus exploratoire. Votre poste est clairement dans le même niveau de priorité, mais pas au même stade dans le calendrier, ce qui explique aussi mon intérêt pour la suite de nos échanges. »

  • Pour une situation un peu plus fragile

    « Ma recherche a pris un peu plus de temps que prévu, notamment parce que j’ai affiné progressivement mon projet. Aujourd’hui, je cible des environnements comme le vôtre, où [X, Y, Z]. Je n’ai pas encore de proposition ferme, mais plusieurs pistes qui avancent, et je préfère me concentrer sur la qualité plutôt que sur la quantité. »

Le principe  : dire la vérité, mais dans une version structurée et digne, pas en mode confession brute.

4. Comment adapter votre réponse selon votre situation réelle  ?

Il n’y a pas une bonne réponse universelle. Il y a une réponse juste pour vous, en fonction d’où vous en êtes réellement.

Regardons quelques cas fréquents, avec des pistes de formulation concrètes.

4.1. Que répondre si vous n’avez aucune autre piste en cours  ?

Vous êtes peut-être au chômage depuis peu (ou longtemps).
Vous avez envoyé des candidatures, sans retour.
Cette entreprise est la première à vous recevoir et vous n’avez aucune autre piste en cours.

Dire  :

« Vous êtes ma seule piste, je vous en supplie »,

n’est pas nécessaire. Mais faire semblant que vous avez trois offres sur la table non plus.

Vous pouvez dire  :

« Ma situation actuelle fait que je suis particulièrement attentif aux opportunités comme la vôtre. J’ai lancé ma recherche il y a [X temps], avec une approche plutôt ciblée. Pour être transparent, vos équipes sont parmi les premières à me recevoir sur un poste qui correspond vraiment à mes compétences. C’est aussi pour ça que je suis très impliqué dans ce processus. »

Vous reconnaissez le réel, sans vous effondrer dedans.
Vous n’êtes pas “un cas désespéré” , vous êtes quelqu’un qui traverse une période délicate avec lucidité.

4.2. Que dire si vous êtes déjà en poste avec quelques démarches discrètes  ?

Cas fréquent  : vous n’êtes pas malheureux, mais pas aligné.
Vous testez le marché sans en faire un drame.

Vous pouvez dire  :

« Je suis actuellement en poste chez [secteur], et j’ai commencé à explorer de manière mesurée ce qui pourrait constituer une prochaine étape cohérente. Concrètement, j’ai quelques échanges en cours, dont le vôtre, qui correspond bien à ce que je recherche  : davantage de [responsabilité / proximité terrain / dimension stratégique]. Je ne suis pas dans une urgence de départ, mais dans une démarche sérieuse de transition. »

Ici, vous rassurez le recruteur sur deux points essentiels  :

  • vous n’êtes pas en train de fuir dans tous les sens,
  • vous êtes capable de changement réfléchi, pas impulsif.

4.3. Comment répondre si vous êtes très sollicité ou en processus avancé ailleurs  ?

C’est tentant de se la raconter un peu quand on est en position de force. Mauvaise idée.
L’objectif n’est pas de faire monter les enchères comme sur un site d’enchères, mais de poser le cadre.

Une manière de le dire  :

« En toute transparence, je suis en processus avancé avec une autre entreprise, avec une décision attendue d’ici une dizaine de jours. Je tiens à être clair sur ce point, car je respecte votre temps comme le mien. Pour autant, je ne souhaite pas me précipiter  : votre poste coche plusieurs cases importantes pour moi, notamment [X, Y]. Si nous devons avancer ensemble, ce serait utile de savoir si vos délais sont compatibles avec cette échéance. »

Vous envoyez un message simple  :

  • vous êtes demandé,
  • vous respectez les règles du jeu,
  • vous ne jouez pas au plus malin.

Le recruteur appréciera bien plus cette franchise-là qu’un jeu de cache-cache.

4.4. Comment formuler votre réponse si vous êtes en reconversion ou après une période de chômage  ?

La reconversion ou la période de chômage longue peuvent fragiliser l’estime de soi. On a vite l’impression de devoir “s’excuser d’exister” .

Essayez plutôt quelque chose comme  :

« J’ai pris ces derniers mois pour [me former / clarifier mon projet / me reconvertir vers…]. Ma recherche active dans ce nouveau domaine a vraiment commencé il y a [X temps]. Pour l’instant, j’ai surtout eu des entretiens de découverte, qui m’ont permis d’ajuster mon positionnement. Votre poste fait partie des premières opportunités qui combinent à la fois mes acquis précédents et ce nouveau cap, ce qui explique mon engagement dans ce processus. »

Vous ne cachez ni la rupture, ni la reconversion.
Vous la mettez en récit, comme un mouvement réfléchi, pas comme une chute.

5. Que révèle cette question sur votre rapport à vous-même et à votre projet  ?

On pourrait s’arrêter là  : vous avez déjà de quoi répondre dignement demain matin.

Mais cette question — « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? » — touche à quelque chose de plus profond  :
votre rapport à votre propre histoire professionnelle.

Comment parlez-vous de vous-même quand quelqu’un, en face, tient un stylo et le pouvoir de dire oui ou non  ?

5.1. Pourquoi cette question touche à l’estime de soi plus qu’au calendrier  ?

Ce qui se joue souvent, au moment où on vous la pose  :

  • la peur d’être “en retard sur la vie”   ;
  • la honte de ne pas avoir su “faire carrière” comme il faudrait  ;
  • le sentiment d’être jugé non seulement sur ses compétences, mais sur sa trajectoire.

On ne vous demande pas seulement  :

« Combien d’entretiens avez-vous  ? »

On touche implicitement à  :

« Que vaut votre parcours  ? Que vaut votre temps  ? Que vaut votre désir  ? »

C’est pour ça que vous pouvez avoir le cœur qui bat plus vite alors qu’en surface, la question a l’air banale.

Nommer cela permet de reprendre un peu de pouvoir.
Vous n’êtes pas un stock invendu. Vous êtes une personne qui traverse un moment de négociation avec le réel.

5.2. Comment éviter de vous perdre entre rôle stratégique et authenticité  ?

Entre “dire toute la vérité” et “jouer un rôle” , il existe une voie médiane  :
celle de l’authenticité choisie.

  • Vous n’êtes pas obligé de raconter en détail vos doutes à 3 heures du matin.
  • Vous n’êtes pas obligé non plus de vous inventer une vie parfaite de candidat très demandé.

Vous pouvez décider  :

  • ce que vous partagez,
  • comment vous le formulez,
  • ce que vous gardez pour vous.

Une bonne question à vous poser avant l’entretien  :

« Qu’est-ce que je peux dire de ma situation qui soit à la fois vrai, respectueux de moi-même, et utile à la personne en face pour décider  ? »

Si vous vous sentez obligé de camoufler toute la réalité pour avoir une chance d’être pris, ce n’est pas seulement votre discours qui pose question. C’est peut-être la relation de travail à venir.

5.3. Comment utiliser cette question pour clarifier votre propre projet  ?

Paradoxalement, « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? » peut vous rendre service.
Elle vous oblige à mettre de l’ordre dans ce qui, souvent, est un grand flou  :

  • Qu’est-ce que je cherche vraiment  ?
  • Pourquoi maintenant  ?
  • Qu’est-ce que je refuse absolument  ?
  • Qu’est-ce que j’accepte de négocier  ?

Avant même d’aller en entretien, vous pouvez vous poser la même question, pour vous  :

« Où j’en suis, honnêtement, dans ma recherche  ? Est-ce que je suis en train de construire quelque chose, ou juste de fuir quelque chose  ? »

Ce n’est pas agréable à regarder. Mais c’est là que vous gagnez en solidité.
Parce qu’un candidat qui a répondu à cette question pour lui-même, en profondeur, sera beaucoup plus à l’aise pour y répondre en quelques phrases claires au recruteur.

Conclusion

Vous n’avez pas besoin d’être parfait pour répondre à cette question.
Vous avez besoin d’être clair, digne, et à peu près cohérent avec vous-même.

Retenez quelques points essentiels pour répondre à la question « où en êtes-vous dans votre recherche » en entretien d’embauche  :

  1. Le recruteur ne cherche pas à vous piéger  : il évalue surtout un niveau d’avancement, une attractivité, une maturité.
  2. Évitez les extrêmes  :
    • ne pas tout déballer dans le détail,
    • ne pas vous présenter comme un cas désespéré,
    • ne pas inventer des process imaginaires.
  3. Structurez votre réponse  :
    • contexte (depuis quand vous cherchez),
    • volume (quel type de démarches),
    • cohérence (quels types de postes),
    • projection (pourquoi celui-ci compte).
  4. Adaptez vos formulations à votre situation réelle, sans honte  :
    • sans autres pistes,
    • déjà en poste,
    • très sollicité,
    • en reconversion ou après une période de chômage.
  5. N’oubliez pas que cette question parle aussi de votre rapport à vous-même.
    Vous avez le droit de choisir ce que vous montrez, et comment.

Au fond, répondre à « Où en êtes-vous dans votre recherche  ? », c’est un exercice de lucidité.
Lucidité sur votre situation externe, bien sûr.
Mais aussi sur cette autre question, plus silencieuse  :

« Où en suis-je dans ma façon de me respecter, même quand je suis en position de demandeur  ? »

Si vous arrivez à garder ce fil-là, alors, même dans la salle vitrée d’un entretien, vous ne serez plus seulement quelqu’un qu’on évalue.
Vous serez quelqu’un qui se choisit. Et ça, on le sent, des deux côtés de la table.

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