Quelles sont les erreurs qu’un candidat doit éviter en entretien d’embauche ?

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Quelles sont les erreurs qu’un candidat doit éviter en entretien d’embauche ?

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Quelles sont les erreurs qu’un candidat doit éviter en entretien d’embauche ?

Sur le papier, vous êtes solide.

Mais dans la vraie vie, vous collectionnez les mails de refus de candidature comme d’autres collectionnent les pièces.

Vous finissez par vous demander s’il y a un défaut caché dans votre personnalité, ou si vous envoyez malgré vous des signaux qui font reculer les employeurs.
Et vous savez bien que ce n’est pas qu’une affaire de “savoir se vendre” .

Cet article ne va pas vous expliquer comment devenir irréprochable.
Il va vous aider à comprendre six erreurs fréquentes en entretien d’embauche – celles que commettent précisément les gens qui réfléchissent, qui doutent, qui ne se résument pas à trois slogans. Et à les retourner, autant que possible, en votre faveur, sans vous transformer en figurant docile.

Entrons maintenant dans le vif du sujet.

1. Vous manquez de lucidité sur vous-même

On vous l’a peut-être déjà servi sous une version policée  :
“On a eu du mal à vous situer” , “Votre positionnement manque de clarté” , “On perçoit peu votre recul sur vous-même.”
C’est toujours fascinant  : des inconnus prétendent, en quarante-cinq minutes, évaluer la “lucidité” que vous avez sur votre propre existence.

Derrière ces mots, il y a moins une évaluation de votre profondeur qu’un verdict sur votre capacité à tenir un discours conforme.

1.1. Ce que le recruteur croit voir

De l’autre côté de la table, ou de l’écran, ce “manque de lucidité” recouvre souvent des choses assez prosaïques  :

  • Vous peinez à décrire concrètement ce que vous faites au quotidien.
  • Vous restez dans les généralités  : “j’ai géré” , “j’ai accompagné” , “j’ai participé” … sans scène précise.
  • Vous nommez mal vos forces, vous contournez vos limites, vous esquivez vos erreurs.
  • Vous enjolivez tout comme si rien n’avait jamais résisté.
  • Ou, inverse inversement, vous minimisez tout, vous rougissez au moindre compliment.

Pour l’employeur, cela se traduit en raccourci  :
“Cette personne ne se voit pas vraiment” , “Cette personne ne sait pas ce qu’elle vaut.”
Dans les deux cas, on classe  : “risque” .

1.2. Ce que cela ne dit PAS de votre valeur

Ce que personne ne verbalise, c’est que la plupart des gens sont démunis quand il s’agit de parler d’eux en termes nets.
On vit sa vie de l’intérieur, avec ses contradictions, pas comme une plaquette.

Chercher vos mots ne signifie pas que vous êtes inconsistant.
Ne pas transformer spontanément vos échecs en “leçons” prêtes à l’emploi ne prouve pas que vous n’avez rien appris.
Cela montre surtout que  :

  • vous ne vivez pas en vous observant du balcon,
  • vous n’avez pas passé des soirées à calibrer votre récit pour les entretiens,
  • vous ne réduisez pas votre trajectoire à quelques cases “forces / faiblesses” .

On vous reproche en fait de ne pas maîtriser un exercice de mise en scène.
Pas de manquer d’épaisseur.

1.3. Comment reprendre la main  ?

L’idée n’est pas de devenir un virtuose du discours creux.
C’est de rendre votre réalité un peu plus lisible pour quelqu’un qui n’a que votre parole et un CV.

  • A. Préparez trois histoires plutôt qu’un roman.
    • Trois situations marquantes  :
      • un succès exigeant,
      • un problème que vous avez dû gérer,
      • un échec dont quelque chose a survécu.

Pour chacune, notez  :

      • le contexte en une phrase,
      • ce que vous avez fait, concrètement,
      • ce que ça a changé,
      • ce que cela vous a appris (même très modestement).
  • B. Parlez de vos forces comme de faits d’observation.
    Au lieu du “je suis quelqu’un de…” , qui sonne vite artificiel, présentez vos forces de la manière suivante  :

    “Ce qui revient souvent dans les retours que je reçois, c’est…” ou “Là où je suis le plus utile dans une équipe, c’est…”

  • C. Exposez une ou deux limites assumées.
    Pas un autoportrait au vitriol, une limite précise  : tendance à trop tout prendre en charge, difficulté à dire non, démarrage lent sur un nouveau sujet.
    Puis  : comment vous la gérez aujourd’hui.

    “J’ai tendance à…, je m’en suis rendu compte quand…, et désormais je… pour éviter de replonger.”

Vous ne fabriquez pas un personnage.Vous offrez un plan de votre territoire, même sommaire, plutôt qu’un nuage de sensations.

2. Vous n’êtes pas assez préparé

Vous êtes arrivé à l’heure, correctement habillé, votre ancien travail ne s’est pas écroulé en votre absence.Et pourtant, on vous a fait comprendre que vous sembliez “peu préparé” , “pas assez renseigné” , “brouillon sur le poste” .

Vous avez eu envie de répondre  : “Je gère déjà une semaine entière de vie, je ne vais pas consacrer vingt-quatre heures de recherche à chaque entretien hypothétique.”
Vous avez ravalé. Évidemment.

2.1. Ce que le recruteur croit voir

Pour l’employeur, le “manque de préparation” se lit dans les quelques détails suivants  :

  • Vous ne parvenez pas à résumer l’activité de l’entreprise en deux phrases.
  • Vous confondez légèrement les missions du poste.
  • Vous n’avez pas d’exemples précis à citer sur ce que vous avez vu d’eux.
  • Vous ne posez que des questions génériques, qui iraient à n’importe qui.
  • Vous avez l’air de découvrir une partie du sujet en direct.

Dans sa tête, cela produit des pensées du type  :
“Cette personne vient par défaut” , “Elle enchaîne les candidatures” , “Elle n’a pas vraiment choisi d’être là.”

2.2. Ce que cela ne dit PAS de votre valeur

Vous, vous savez qu’il y a  :

  • l’emploi actuel dont il faut assumer la charge,
  • la fatigue d’être en recherche sans date de fin,
  • les candidatures qui n’aboutissent pas,
  • la vie à côté, qui ne se met pas en pause.

Votre “manque de préparation” est souvent une simple limite de temps disponible, pas une preuve de désinvolture.
Il ne dit pas que  :

  • vous seriez peu impliqué une fois en poste,
  • vous manquez de curiosité,
  • vous ne prenez rien au sérieux.

Il dit surtout que vous refusez de transformer votre vie entière en pré-entretien permanent.
Ce qui est, en soi, assez sain.

2.3. Comment reprendre la main  ?

Il ne s’agit pas de bachoter chaque structure comme un concours.
Il s’agit de montrer que vous n’êtes pas là par accident.

  • Vingt minutes utiles avant l’entretien.
    Vraiment vingt, pas plus  :

    • relire l’offre et surligner missions et compétences clés,
    • jeter un œil sur le site web de l’employeur,
    • noter deux ou trois éléments concrets qui vous auront frappé  : un projet, un chiffre, un positionnement.
  • Préparer deux ou trois questions qui ne pourraient pas être posées à n’importe qui.
    Pas  : “Pouvez-vous me parler de l’entreprise  ?”
    Mais, par exemple  :

    • “Vous mentionnez dans l’offre un virage important sur… Comment cela se traduit-il pour ce poste  ?”
    • “J’ai vu que vous étiez en expansion sur…, quel impact cela a-t-il sur l’équipe actuelle  ?”
  • Assumer les zones que vous n’avez pas encore explorées.
    Inutile d’inventer.

    “Je n’ai pas encore eu le temps de creuser tel aspect, mais si j’arrivais chez vous, voilà comment je m’y prendrais pour prendre le sujet en main rapidement.”

Vous ne jouez pas à l’admirateur zélé.
Vous signalez simplement que, dans un paysage de recherche souvent chaotique, cette rencontre-là est prise au sérieux.

3. Votre comportement manque de professionnalisme

Vous n’avez insulté personne, vous avez dit bonjour et merci, vous n’avez pas fumé pendant la visioconférence.
Malgré tout, il flotte autour du retour quelque chose comme  : “profil pas assez professionnel” , “attitude un peu limite” .

En général, cela se joue sur des détails. Petite grammaire sociale, qu’on n’enseigne nulle part mais qu’on sanctionne partout.

3.1. Ce que le recruteur croit voir

Ce genre de jugement repose souvent sur peu de choses  :

  • un léger retard sans message pour prévenir,
  • une tenue très relâchée ou complètement en décalage,
  • le téléphone qui s’allume plusieurs fois,
  • des interruptions fréquentes,
  • un excès de confidences personnelles,
  • une impression diffuse de désordre ou de dispersion.

Côté employeur, ces éléments deviennent très vite  :
“Cette personne ne distingue pas les registres” , “C’est ce que nous aurons au quotidien.”

3.2. Ce que cela ne dit PAS de votre valeur

Rien de tout cela ne dit quoi que ce soit de votre capacité à  :

  • travailler sérieusement,
  • tenir vos engagements,
  • soutenir une équipe.

Cela peut juste dire  :

  • que vous étiez à bout ce jour-là,
  • que vous ne disposez pas des mêmes codes sociaux que les gens en face,
  • que vous n’avez pas été élevé dans le culte de la sacralité du rendez-vous professionnel.

En entretien d’embauche, pourtant, ces détails prennent une dimension disproportionnée.
On s’en sert comme d’un indicateur global de fiabilité et de sérieux.

3.3. Comment reprendre la main  ?

Il ne s’agit pas de se renier, mais de ne pas offrir malgré vous des arguments faciles à ceux qui n’attendent que ça.

  • Décider une fois pour toutes de votre “socle” de tenue et de ponctualité.
    • Une tenue propre, simple, dans laquelle vous pouvez respirer. Ni costume de carnaval, ni tenue de canapé.
    • Cinq à dix minutes d’avance, ou connexion anticipée en visioconférence pour tester son et image.
    • Téléphone coupé ou rangé, pour votre propre tranquillité.
  • Soigner les premières minutes comme on règle la focale d’un appareil photo.Elles fixent souvent le regard posé sur vous  :
    • un salut clair,
    • un remerciement simple ( “Merci de prendre ce temps” ),
    • une respiration avant de répondre à la première question, plutôt que de vous jeter dessus.
  • Balancer ce que vous dites de votre vie privée.
    Vous pouvez faire comprendre que la période est chargée, sans dérouler le dossier complet  :

    “Le contexte personnel est un peu dense en ce moment, mais j’ai l’habitude d’organiser mon travail pour que cela n’empiète pas sur ce qui doit être fait. Je préfère rester centré sur ce qui est utile pour vous.”

Vous ne devenez pas un figurant bien peigné.Vous réduisez juste la marge dans laquelle on peut vous coller des étiquettes rapides.

4. Vous êtes trop préoccupé par le salaire et les avantages

Vous avez posé la question qui fâche  :

“Et côté rémunération, on est sur quel ordre d’idée  ?”

Peut-être avez-vous ajouté deux ou trois questions sur le télétravail, les horaires, les congés. Vous avez vu, en face, ce léger recul, ce sourire crispé  ; le fameux soupçon de “vénalité” .

Comme si l’on vivait d’amour, d’eau fraîche et de “projets stimulants” .

4.1. Ce que le recruteur croit voir

Dans certains milieux, évoquer trop tôt la rémunération et les conditions matérielles est lu comme  :

  • une obsession du confort,
  • un manque de “passion” pour la fonction,
  • un rapport purement utilitaire au travail.

Le raccourci classique  :

“Motivé par l’argent, pas par le contenu.”

Peu importe que cette opposition soit absurde. Elle fonctionne souvent à plein régime.

4.2. Ce que cela ne dit PAS de votre valeur

Vous demander combien vous serez payé et dans quelles conditions vous travaillerez relève de la simple décence envers vous-même.
Vous avez des dépenses, du temps de trajet éventuel, une fatigue à gérer, peut-être des enfants, des proches dépendants, un corps à ménager.

Parler rémunération et cadre ne signifie pas que  :

  • vous n’aurez pas envie de bien faire,
  • vous ne vous intéresserez pas aux missions,
  • vous ne cherchez que la planque.

Cela signifie que vous considérez le travail comme un échange, et pas comme un sacerdoce désintéressé.
Autrement dit  : vous êtes adulte.

4.3. Comment reprendre la main

La question n’est pas de vous taire, mais de mettre ces sujets au bon endroit dans la partition.

  • A. Laisser d’abord apparaître votre intérêt pour le contenu.
    Au début de l’entretien, concentrez-vous sur  :

    • comprendre les missions,
    • saisir les enjeux de l’équipe,
    • vérifier si cela a un sens pour vous.
  • B. Poser la question de la rémunération comme une étape logique, pas comme une obsession.

    “Pour me projeter honnêtement, j’aurais besoin de savoir dans quelle fourchette de rémunération vous situez ce poste.”
    Ou  :
    “Pour être transparent, la fourchette que je vise, compte tenu de mon expérience, se situe entre… et… Est-ce compatible avec vos pratiques  ?”

  • Présenter vos besoins de cadre comme une condition pour durer, pas comme un caprice.

    “Pour être vraiment efficace sur la durée, j’ai besoin de… (un certain degré de souplesse horaire, quelques jours de télétravail, peu de déplacements). Quelle est la réalité pour ce poste  ?”

Vous ne faites pas semblant de vous désintéresser de l’argent.
Vous rappelez juste qu’on parle d’un engagement réciproque, pas d’un hobby.

5. Vous parlez trop mal de vos anciens employeurs

Vous avez connu des responsables tyranniques, des promesses jamais tenues, des organisations absurdes.
À force, on finit par avoir du mal à répondre par une pirouette joyeuse à la question  : “Qu’est-ce qui vous a poussé à partir  ?”

Le piège, c’est qu’on vous tend parfois la perche pour vous plaindre puis on vous le reprochera.

5.1. Ce que le recruteur croit voir

Quand un candidat parle beaucoup des dysfonctionnements de ses anciens lieux de travail, plusieurs alarmes mentales peuvent s’allumer  :

  • “Cette personne se place trop en victime.”
  • “Elle rejettera toujours la faute ailleurs.”
  • “Un jour, elle parlera de nous de la même manière.”

Même quand vous décrivez des faits objectivement violents, ils sont parfois reçus comme de simples “ressentis” .

5.2. Ce que cela ne dit PAS de votre valeur

Avoir travaillé dans des environnements toxiques ne fait pas de vous un élément toxique.
Refuser d’y rester ne fait pas de vous quelqu’un d’instable.
Nommer ce que vous avez subi ne prouve pas que vous jouez les martyrs.

Votre amertume, lorsque vous en avez, dit surtout  :

  • que vous avez perçu, parfois tard, que ce n’était pas tenable,
  • que vous avez mis du temps à vous autoriser à partir,
  • que vous cherchez à éviter de retomber dans la même configuration.

Ce n’est pas un défaut moral.
C’est une tentative de survie.

5.3. Comment reprendre la main

L’enjeu, ce n’est pas d’édulcorer, mais de changer de focale  : moins “les monstres que j’ai croisés” , plus “ce que j’en ai compris pour moi” .

  • A. Parler des contextes plutôt que de dresser des portraits à charge.
    Au lieu de  :

    “Mon ancien responsable était infernal, il hurlait sur tout le monde.”

    Vous pouvez dire  :

    “Le contexte était très tendu  : exigences irréalistes, pression permanente, peu de marges de manœuvre. Cela produisait des comportements difficiles à vivre au quotidien.”

  • B. Montrer ce que cela a éclairé pour vous.

    “C’est là que j’ai compris combien un minimum de sécurité psychologique était indispensable pour travailler correctement. Aujourd’hui, je sais que j’ai besoin d’un environnement où… (collaboration réelle, droit à l’erreur raisonnable, etc.).”

  • C. Relier votre départ à un mouvement vers, plutôt qu’à une simple fuite.

    “Je pars parce que je cherche désormais un cadre où la qualité du travail compte autant que la rapidité, et où le dialogue est possible. C’est ce qui m’intéresse dans ce que vous décrivez de votre fonctionnement.”

Vous ne transformez pas un champ de ruines en souvenir charmant.
Vous évitez seulement que votre douleur devienne l’unique prisme par lequel on vous voit.

6. Vous changez trop souvent de poste

Vous regardez votre parcours  : une série de périodes courtes, des bifurcations, des allers-retours.
Pour vous, chaque mouvement a son motif. Vous pourriez raconter ce fil en détail.
Mais sur une page, cela peut ressembler à une succession de fuites en avant.

Et beaucoup s’arrêtent à cette apparence.

6.1. Ce que le recruteur croit voir

Devant un curriculum fait de séquences brèves, on projette vite  :

  • “Cette personne se lasse vite.”
  • “Elle partira dès que ce sera un peu difficile.”
  • “Nous n’aurons pas le temps de rentabiliser notre investissement.”

On vous colle “instable” sans se demander ce qu’il a fallu encaisser pour en arriver là, ni ce que chaque départ vous a coûté.

6.2. Ce que cela ne dit PAS de votre valeur

Un parcours fragmenté peut signifier beaucoup d’autres choses  :

  • que vous avez refusé de vous installer dans la maltraitance,
  • que vous avez saisi des occasions de progresser,
  • que vous avez tenté plusieurs directions pour ne pas vous résigner à la première,
  • que vous avez suivi des impératifs de vie qui n’entrent pas dans les cases (santé, famille, géographie).

Cela ne vous rend pas volage.
Cela fait de vous quelqu’un qui n’a pas eu la carrière linéaire rassurante des présentations PowerPoint, mais qui a bel et bien une cohérence interne.

6.3. Comment reprendre la main  ?

Vous n’allez pas réécrire votre passé.
Vous pouvez, en revanche, en tracer le fil.

  • A. Formulez votre fil directeur en une phrase.
    Par exemple  :

    • “Le fil conducteur de mon parcours, c’est la relation aux usagers, sous différentes formes.”
    • “Je me suis construit autour de la gestion de projets en contexte instable.”
    • “J’ai exploré plusieurs types de structures  ; aujourd’hui, je cherche à m’inscrire dans un cadre plus durable.”
  • B. Donnez une raison nette à chaque changement.
    Sans roman ni justification tremblante  :

    • fin de contrat prévue,
    • évolution vers davantage de responsabilités,
    • incompatibilité durable entre le fonctionnement et ce dont vous avez besoin pour travailler correctement,
    • reconversion assumée.
  • C. Expliquez pourquoi ce poste marque une autre étape.

    “Aujourd’hui, je sais beaucoup mieux ce que je veux éviter et ce que je cherche. Ce poste coche précisément… (stabilité, type de missions, taille de structure), c’est pour cela que je le vise dans une logique de durée.”

Vous ne gommez pas les ruptures.
Vous montrez ce qu’elles dessinent ensemble.

Conclusion

Vous pouvez appliquer chacun de ces conseils.
Élaguer vos formulations, structurer trois histoires, choisir vos mots sur vos anciens postes, donner un squelette à votre parcours.
Vous réduirez la part de malentendu, vous laisserez un peu moins de place aux interprétations paresseuses.

C’est déjà beaucoup.

Mais il reste une question que les employeurs ne posent pas et qui, pourtant, organise en sourdine tout le reste  :

Qu’est-ce que vous refusez de brader pour atteindre un objectif professionnel  ?

Il y a les ajustements raisonnables  : clarifier votre discours, rendre votre trajectoire compréhensible, adopter quelques codes pour qu’on vous entende vraiment.

Et puis il y a les renoncements plus lourds  : taire des besoins essentiels, accepter des conditions que vous savez intenables, lisser au point de ne plus vous reconnaître.

Les erreurs à éviter en entretien d’embauche ne sont pas seulement ces “mauvais signaux” supposés faire fuir les employeurs.
C’est aussi cette tentation de vous découper en morceaux présentables pour correspondre au poste — quitte à découvrir, quelques mois plus tard, que c’est précisément vous qu’on a évacué dans l’opération.

Vous ne contrôlerez jamais complètement l’image qu’on se fait de vous en quarante-cinq minutes.
Mais vous pouvez décider ce que vous donnez à voir, ce que vous laissez de côté, et le seuil à partir duquel le prix à payer devient trop élevé.

Le jour où ce seuil sera clair pour vous, certains postes vous passeront peut-être encore sous le nez.
Ceux qui demandent, en échange du salaire, une légère amputation de ce que vous êtes.

Ce ne sera pas une défaite.
Ce sera, peut-être enfin, un choix mutuel. Et ce n’est pas le genre de chose qu’on met dans un compte-rendu d’entretien, mais c’est souvent ce qui, à long terme, change vraiment la vie.

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