
Que dire en entretien d’embauche pour convaincre le recruteur ? 15 exemples de réponses à adapter
Que dire en entretien d’embauche pour convaincre le recruteur ? 15 exemples de réponses à adapter
Vous cherchez quoi dire en entretien d’embauche.
Pas « comment être soi-même », pas « comment trouver sa voie ».
Non.
Juste : que mettre dans votre bouche au moment où tout se fige et où votre cerveau décide d’aller faire un tour sans vous.
C’est déjà une information ! Vous avez compris que la spontanéité totale, ça finit souvent en phrases bancales, en « euh… voilà » et en regrets sous la douche le soir.
Vous savez parler. Vous savez même raconter des choses drôles à vos amis. Mais dès qu’il y a un·e recruteur·se en face, une table, deux verres d’eau et un CV imprimé, vous avez l’impression de passer un oral devant un jury qui va décider de votre droit à payer votre loyer.
Alors vous êtes là, en train de lire un article qui promet des « exemples de réponses gagnantes ».
Touchant, mais utile.
L’idée ici n’est pas de vous transformer en acteur récitant un texte parfait.
L’idée, c’est de vous donner des structures, des formulations et des exemples concrets, pour que le jour J, vous sachiez :
- où vous allez quand vous ouvrez la bouche ;
- quoi dire pour répondre vraiment à la question ;
- comment parler de vous sans vous vendre ni vous excuser.
On va donc voir :
- ce que le recruteur écoute vraiment, derrière vos mots ;
- comment utiliser la méthode STAR pour structurer vos réponses ;
- 15 exemples de réponses à des questions classiques, avec des versions junior, confirmé, cadre quand c’est utile ;
- comment adapter ces réponses à votre réalité sans mentir ;
- les erreurs qui flinguent un entretien, même avec de « bonnes » réponses.
Vous n’êtes pas là pour jouer un rôle. Vous êtes là pour rendre votre parcours lisible. Le reste, on va le travailler ensemble.
Entrons maintenant dans le vif du sujet.
1. Pourquoi est-ce si difficile de savoir quoi dire en entretien d’embauche ?
Avant de chercher les bonnes phrases, il faut comprendre pourquoi elles disparaissent toujours au mauvais moment. Non, vous n’êtes pas stupide. Oui, il se passe réellement quelque chose dans cet espace étrange qu’on appelle « entretien ».
1.1. Ce que le recruteur écoute vraiment (et qu’il ne vous dira pas)
Le recruteur n’est pas un examinateur de concours qui coche des cases sur un barème secret.
Il fait quelque chose de plus simple et de plus inquiétant : il vous évalue comme futur collègue.
Derrière chaque question, il écoute surtout :
- Est-ce que cette personne répond vraiment à ce qu’on lui demande, ou est-ce qu’elle part dans tous les sens ?
- Est-ce qu’elle sait parler d’elle sans se perdre, se justifier ou s’inventer une vie ?
- Est-ce que son histoire tient debout par rapport au poste, à l’équipe, au contexte ?
- Est-ce que j’ai envie de travailler avec elle tous les jours ?
Vous, vous entendez : « Parlez-moi de vous ».
Lui, il se demande : « Est-ce que cette personne va m’aider à régler mes problèmes ou m’en créer de nouveaux ? »
C’est brutal formulé comme ça, mais c’est honnête.
Et ça explique pourquoi il vaut mieux préparer ses réponses qu’espérer l’inspiration divine entre la porte d’entrée et la chaise en plastique.
1.2. Le mythe de la « bonne réponse » (et pourquoi il vous paralyse)
On vous a vendu l’idée qu’il existait des bonnes réponses.
Le défaut parfait. La phrase magique. La présentation en 2 minutes qui ouvre toutes les portes.
Résultat : vous cherchez la formule idéale… et vous ne dites plus rien de vrai.
Vous récitez des choses que vous avez lues quelque part. Le recruteur, lui, les a déjà entendues vingt fois depuis le début de la semaine.
En réalité, il n’y a pas de « bonne » réponse au sens scolaire du terme. Il y a :
- des réponses claires ou confuses ;
- des réponses concrètes ou floues ;
- des réponses cohérentes ou contradictoires.
Ce que vous pouvez préparer, ce n’est pas « la » phrase parfaite.
C’est une manière de raconter des situations réelles de votre parcours, avec un début, un milieu, une fin. C’est là qu’intervient la méthode STAR.
2. Comment structurer ce que vous dites : la méthode STAR
La plupart des candidats s’effondrent non pas sur le fond, mais sur la structure. Ils ont fait des choses, mais n’arrivent pas à les raconter sans se perdre. La méthode STAR sert exactement à ça : mettre de l’ordre dans vos exemples.
2.1. La méthode STAR, en clair
STAR, c’est un acronyme très simple :
- Situation : le contexte, le décor. Où ? Quand ? Avec qui ?
- Tâche : ce qu’on attendait de vous, votre mission.
- Action : ce que vous avez fait concrètement. Pas « j’ai participé », mais « j’ai pris en charge… ».
- Résultat : ce que cela a donné. Chiffres, effets, apprentissage.
Dès qu’on vous demande : « Donnez-moi un exemple de… », pensez :
« Situation – Tâche – Action – Résultat ».
C’est votre armature. Sans elle, votre réponse se transforme vite en flaque.
2.2. Un exemple STAR très simple
Imaginez la question : « Parlez-moi d’une situation où vous avez géré une urgence. »
Réponse structurée STAR :
- Situation : « Lors de mon stage chez X, nous devions livrer une présentation importante à un client le lundi matin. Le vendredi soir, nous avons découvert qu’une partie des données utilisées était erronée. »
- Tâche : « En tant qu’assistant·e, j’étais responsable de la préparation des tableaux de bord. »
- Action : « J’ai tout de suite prévenu mon tuteur, puis j’ai repris les données depuis la source, vérifié chaque fichier, et recréé les graphiques pendant le week-end en priorisant les parties les plus critiques pour le client. »
- Résultat : « Nous avons pu livrer la présentation complète dans les temps, avec des chiffres justes. Le client nous a même demandé de réutiliser ces tableaux pour d’autres réunions. De mon côté, j’ai mis en place ensuite une double vérification systématique. »
Même histoire, racontée sans STAR, ça devient souvent :
« Euh… une fois on a eu un souci avec des données, du coup j’ai travaillé le week-end, et finalement ça s’est bien passé. »
Devinez laquelle marque des points.
2.3. Quand utiliser STAR en entretien ?
Dès qu’on vous demande :
- « Donnez-moi un exemple de… »
- « Racontez-moi une situation où… »
- « Parlez-moi d’un moment où ça s’est mal passé / bien passé… »
Utilisez STAR pour au moins une réponse sur deux. Pas besoin de le réciter comme une leçon, mais gardez ce squelette en tête.
Maintenant que l’outil est posé, on va l’utiliser sur les questions qui vous angoissent le plus.
3. Que dire face aux questions classiques : 15 exemples de réponses
C’est ici que vous venez chercher du concret. C’est normal. Votre cerveau a besoin de phrases pour se rassurer. Prenez ces réponses comme des modèles à modeler, pas comme des textes sacrés.
Pour chaque question, vous trouverez une courte explication, puis un ou plusieurs exemples, que vous pourrez adapter selon votre niveau d’expérience.
3.1. Que dire pour se présenter : « Parlez-moi de vous »
Cette question ouvre beaucoup d’entretiens. Elle est large, vague, intimidante. Votre but n’est pas de tout dire, mais de dessiner un portrait professionnel lisible en une minute.
Exemple junior :
« Je suis récemment diplômé·e d’un Master en marketing digital à [nom], où je me suis particulièrement intéressé·e à la création de contenus et au suivi de campagnes. Lors de mon dernier stage chez [entreprise], j’ai géré au quotidien la mise à jour du site et la rédaction de newsletters, ce qui m’a permis de me familiariser avec les outils et les enjeux d’acquisition. Aujourd’hui, je cherche un premier poste qui me permette de continuer sur ces sujets, avec plus de responsabilités sur le suivi des résultats, c’est pour cela que votre offre m’intéresse particulièrement. »
Exemple confirmé :
« Je suis développeur·se depuis huit ans, avec un parcours plutôt orienté vers le back-end. J’ai surtout travaillé dans des environnements PME en forte croissance, où il fallait à la fois assurer la stabilité du système et développer de nouvelles fonctionnalités rapidement. Dans mon dernier poste, j’ai, par exemple, piloté la refonte de l’API de paiement, ce qui a réduit les incidents de 30 %. Aujourd’hui, j’ai envie de rejoindre une équipe plus structurée comme la vôtre, pour continuer à monter en compétence sur l’architecture tout en gardant cette dimension très concrète de résolution de problèmes. »
Structure à retenir : aujourd’hui → expériences clés → ce que vous cherchez → lien avec le poste.
Lire notre article complet sur la question “Parlez-moi de vous”
3.2. Que dire pour expliquer pourquoi vous postulez à ce poste ?
Le recruteur veut comprendre si ce poste est un choix réfléchi ou un tirage au sort sur un jobboard.
Exemple :
« Ce poste m’intéresse parce qu’il combine deux dimensions importantes pour moi : la gestion de projet et la relation client. Dans mes expériences précédentes, j’ai déjà géré [brève situation], et j’ai découvert que j’aimais particulièrement coordonner plusieurs interlocuteurs pour faire avancer un dossier. Ce que j’apprécie ici, c’est que le poste est centré sur [élément précis de l’offre] et qu’il y a une vraie visibilité sur [enjeu : évolution, impact, contexte]. C’est cohérent avec la suite de mon parcours. »
Évitez : « Votre annonce m’a beaucoup plu » sans autre explication. Cela ne veut rien dire.
Lire notre article complet sur la question “Pourquoi ce poste ?”
3.3. Que dire pour expliquer pourquoi cette entreprise ?
Ici, le recruteur teste votre capacité à vous renseigner, mais aussi votre manière de voir le monde du travail.
Exemple junior :
« J’ai choisi de postuler chez vous d’abord parce que je connaissais déjà vos services en tant que cliente. J’ai vu concrètement ce que vous proposez et la façon dont vous traitez vos utilisateurs. Ensuite, je me suis renseigné·e sur votre actualité : le lancement de [projet/produit] montre que vous êtes en train de vous développer sur [domaine], et c’est un environnement dans lequel j’ai envie de m’impliquer. Je ne cherchais pas “n’importe quel poste” mais un poste dans une entreprise qui travaille sur [enjeu qui vous parle]. »
Exemple cadre :
« Ce qui m’attire chez vous, c’est le moment où vous êtes : une structure déjà solide mais encore en transformation. Votre récente réorganisation et le lancement de [projet] montrent que vous êtes en train de passer un cap. Mon expérience de [fonction] dans des contextes similaires, où il fallait structurer sans casser ce qui faisait la force de l’entreprise, me semble particulièrement utile ici. »
3.4. Que dire pour parler de vos qualités ?
La tentation, ici, c’est le catalogue : « motivé, sérieux, dynamique ». Tout ce que le recruteur a déjà lu 200 fois sur des CV.
Votre objectif : choisir deux ou trois qualités vérifiables et les illustrer.
Exemple :
« Je dirais d’abord que je suis fiable. Quand on me confie un dossier, je le mène au bout. Par exemple, dans mon dernier poste, j’ai repris [situation], et j’ai [action], ce qui a permis [résultat]. Ensuite, je suis assez à l’aise pour demander de l’aide quand je bloque, ce qui évite de perdre du temps. Enfin, on me dit souvent que je communique clairement, ce qui m’a aidé à travailler avec des profils très différents, comme [exemple bref]. »
Une qualité sans exemple, c’est juste de l’auto-promotion. Une qualité avec un exemple concret devient crédible.
3.5. Que dire pour parler de vos défauts ?
Vous le savez, le piège classique : « Je suis perfectionniste », « j’en fais trop », « je suis trop investi ». Le recruteur lève les yeux au ciel intérieurement.
L’enjeu n’est pas de trouver le défaut politiquement correct, mais de montrer que vous vous connaissez et que vous travaillez dessus.
Exemple :
« J’ai tendance à vouloir régler les problèmes tout de suite, ce qui peut me rendre un peu impatient quand les choses traînent. Je l’ai remarqué sur [situation], où j’ai poussé peut-être un peu trop vite. Depuis, j’essaie de poser plus souvent le cadre en amont : qui décide quoi, dans quels délais. Cela m’aide à mieux gérer ma propre impatience et à respecter le rythme des autres tout en gardant la dynamique. »
Le défaut doit être réel, mais maîtrisé et accompagné d’actions concrètes de votre part.
3.6. Que dire sur une réussite dont vous êtes fier·e ?
C’est une question parfaite pour la méthode STAR.
Exemple junior :
« Lors de mon alternance chez [entreprise], j’ai proposé de revoir la façon dont nous répondions aux messages sur les réseaux sociaux, car nous avions beaucoup de retard et d’insatisfaction. Ma mission était de réduire les délais de réponse. J’ai d’abord analysé les types de demandes les plus fréquentes, puis j’ai créé des modèles adaptés, validés par ma responsable. Résultat : en deux mois, nous sommes passés d’environ 72 heures de délai moyen à moins de 24 heures, et les retours négatifs ont diminué. J’en suis fier·e parce que c’est une idée que j’ai portée et mise en œuvre jusqu’au bout. »
3.7. Que dire sur un échec ou une difficulté ?
Si vous dites que tout s’est toujours bien passé, vous perdez en crédibilité. L’échec intéresse le recruteur parce qu’il révèle comment vous réagissez.
Exemple :
« Sur un projet important l’an dernier, j’ai clairement sous-estimé le temps nécessaire pour intégrer les retours du client. Résultat : nous avons livré avec trois jours de retard, ce qui a mis l’équipe en tension. J’ai assumé ma part de responsabilité, et avec mon manager nous avons revu ensemble la façon de découper les étapes. Depuis, je prévois systématiquement un temps tampon et je communique plus tôt quand je vois qu’un planning commence à dériver. »
L’idée n’est pas de vous flageller, mais de montrer votre capacité à tirer une leçon concrète.
3.8. Que dire sur un conflit au travail ?
Le recruteur veut savoir si vous êtes un incendiaire ou un pompier.
Vous pouvez parler d’un désaccord, sans transformer l’autre en monstre.
Exemple :
« Dans mon précédent poste, j’ai eu un désaccord assez fort avec un collègue sur la priorité d’un projet. Au début, chacun campait sur sa position, ce qui a créé des tensions. J’ai fini par lui proposer qu’on se voie en dehors de la réunion pour poser calmement les contraintes de chacun. En reprenant les objectifs de l’équipe et les délais réels, on a pu trouver un compromis : décaler une partie de mon projet et obtenir un appui de sa part sur une autre tâche. J’ai retenu que sortir du “qui a raison” pour revenir aux objectifs communs permet souvent de déminer ce genre de situation. »
3.9. Que dire si on vous trouve trop junior ou pas assez expérimenté ?
Cette question peut être posée directement, ou de manière plus subtile : « Vous savez que d’autres candidats ont plus d’expérience… »
Exemple :
« C’est vrai que je n’ai pas autant d’années d’expérience que certains profils. En revanche, j’ai déjà travaillé sur [types de missions] qui sont au cœur de ce poste, par exemple [situation + action + résultat]. Et surtout, je sais que j’apprends vite quand je suis bien encadré·e et que le cadre est clair. Je suis prêt·e à investir beaucoup d’énergie au début pour monter en compétence rapidement. »
Vous ne niez pas le manque d’expérience. Vous le mettez en face de votre vitesse d’apprentissage et de vos exemples concrets.
3.10. Que dire si vous avez un trou dans le CV ?
Ici, le silence est votre pire ennemi. Le trou évoque tout et n’importe quoi. C’est à vous de nommer la réalité, simplement.
Exemple :
« Entre 2021 et 2022, j’ai une période sans poste sur mon CV. J’ai quitté mon précédent emploi parce que [raison courte et factuelle : déménagement, fin de contrat, besoin de faire le point]. J’en ai profité pour [formation, bénévolat, projets personnels], tout en recherchant un poste. Cela m’a permis de clarifier que je voulais me réorienter vers [domaine], c’est pourquoi je postule aujourd’hui sur des postes comme le vôtre. »
Plus vous êtes clair, moins le recruteur a envie d’imaginer le pire.
Lire notre article sur comment parler d’un trou dans le CV durant un entretien d’embauche
3.11. Que dire pour parler de votre façon de travailler en équipe ?
Tous les candidats écrivent « esprit d’équipe » sur leur CV.Peu savent illustrer ce que ça veut dire dans leur cas.
Exemple :
« En équipe, je joue souvent le rôle de personne qui fait circuler l’information. Dans mon poste actuel, par exemple, j’ai mis en place un court point hebdomadaire entre le service commercial et le service production, parce qu’il y avait beaucoup de malentendus et de tensions. Chacun partageait les priorités de la semaine, et je faisais une synthèse envoyée à tous. Cela a réduit les conflits et les urgences de dernière minute. J’aime bien cette position de “liaison” , qui aide les autres à travailler plus sereinement. »
3.12. Que dire quand on vous demande où vous vous voyez dans quelques années ?
Si vous répondez « à votre place », ça ne fait rire personne.
Le recruteur cherche surtout à savoir si vous avez une direction, pas un plan de carrière gravé dans le marbre.
Exemple :
« À trois-cinq ans, je me vois toujours dans [domaine], avec un niveau de responsabilité plus important sur [gestion d’équipe / projets plus complexes / dimension stratégique selon le cas]. Ce qui m’intéresse, c’est de continuer à progresser sur [compétence clé], et d’être à terme capable de [objectif réaliste]. Le poste que vous proposez est une étape cohérente, parce qu’il me permettrait de [lien concret : encadrer, gérer un portefeuille, maîtriser un outil, etc.]. »
Vous montrez une orientation, sans enfermer le recruteur dans un scénario rigide.
3.13. Que dire pour expliquer une reconversion ou un changement de voie ?
Le recruteur veut vérifier si c’est une lubie passagère ou un projet construit.
Exemple :
« J’ai travaillé dix ans dans la restauration, où j’ai beaucoup appris sur la gestion de l’urgence, le contact client et l’organisation. Il y a trois ans, j’ai commencé à m’intéresser de près au domaine de la gestion de paie, d’abord en aidant une amie à reprendre ses tâches administratives. J’ai ensuite suivi une formation diplômante et effectué un stage en cabinet. Aujourd’hui, je souhaite vraiment m’inscrire dans ce nouveau métier sur le long terme. Ce que j’apporte, c’est à la fois ces nouvelles compétences techniques et toute mon expérience du terrain, de la relation avec les gens. »
Le message sous-jacent : « Ceci n’est pas une fuite, c’est un projet. »
3.14. Que dire en fin d’entretien quand on vous demande si vous avez des questions ?
Répondre « non, tout est clair » revient à dire « je suis là par hasard ».
Vos questions montrent que vous vous projetez.
Exemple :
« Oui, j’ai deux questions. D’abord, si je vous rejoins sur ce poste, à quoi ressembleraient mes priorités sur les trois premiers mois ? Ensuite, pouvez-vous m’en dire un peu plus sur la façon dont l’équipe travaille au quotidien : réunions, outils, interactions avec les autres services ? »
Une bonne question parle du poste, de l’équipe, du contexte, pas seulement des tickets restaurant.
3.15. Que dire si on vous demande vos prétentions salariales ?
Sujet sensible, surtout en France. Pourtant, le recruteur a besoin d’un ordre d’idée.L’objectif est d’être préparé, pas de paniquer.
Exemple junior :
« Au vu du marché sur ce type de poste junior et de mon niveau d’expérience, je vise une rémunération autour de [fourchette restreinte], mais je suis ouvert·e à en discuter en fonction des missions exactes et de l’évolution possible. »
Exemple confirmé :
« Aujourd’hui, je suis à [montant] brut annuel. Pour ce nouveau poste, qui inclut davantage de responsabilités sur [domaine], je vise une fourchette entre [x] et [y]. Bien sûr, je suis prêt·e à en parler plus précisément en fonction de l’ensemble du package et des perspectives. »
L’essentiel est d’avoir réfléchi avant à cette question, pas d’inventer un chiffre sur le moment.
4. Comment adapter ces réponses à votre histoire sans tricher
Vous avez maintenant une boîte à outils de formulations. Si vous les recopiez telles quelles, vous sonnerez faux.L’enjeu est de les faire passer par le filtre de votre vie réelle.
4.1. Identifier vos propres situations STAR
Prenez un papier, ou un document, et listez :
- un succès dont vous êtes fier·e ;
- une difficulté ou un échec ;
- une situation de tension ou de conflit ;
- un moment où vous avez pris une initiative ;
- une fois où vous avez appris quelque chose d’important.
Pour chaque situation, écrivez en quelques lignes : la situation, la tâche, l’action, le résultat.
Vous venez de créer votre bibliothèque personnelle d’exemples.
Ensuite, relisez les questions de l’entretien : vous verrez que beaucoup peuvent être illustrées par ces mêmes situations, simplement sous un angle différent.
4.2. Vérifier la cohérence avec le poste visé
Toutes vos belles histoires ne sont pas pertinentes pour tous les postes.
Demandez-vous, pour chacune :
« En quoi cette situation montre une compétence qui compte pour ce poste précis ? »
- Si vous candidatez à un poste très technique, insistez sur vos actions et vos résultats mesurables.
- Si vous candidatez à un poste de coordination, mettez davantage en avant la gestion des interlocuteurs, la communication, l’organisation.
Vous n’inventez rien, vous choisissez ce que vous mettez en lumière. C’est très différent.
5. Les erreurs fréquentes à éviter absolument
Même avec des réponses bien préparées, quelques pièges peuvent ruiner l’effet.
À éviter en priorité :
- Réciter vos réponses comme une poésie. On sent tout de suite quand les phrases ne sont pas les vôtres.
- Répondre à côté de la question parce que vous voulez absolument placer « votre » histoire.
- Trop en dire : se perdre dans les détails, raconter toute la généalogie de l’entreprise de votre ancien patron.
- Se justifier sans fin dès qu’on aborde un sujet délicat (trou dans le CV, départ difficile) au lieu de poser une version simple et claire.
- Dénigrer longuement vos anciens employeurs : le recruteur se demandera surtout ce que vous direz de lui plus tard.
Rappelez-vous : la bonne longueur d’une réponse, c’est souvent entre une et deux minutes. En dessous, ça fait vague. Au-dessus, ça devient un monologue.
6. Check-list express la veille de l’entretien : que préparer concrètement ?
La veille, votre cerveau a tendance à partir en boucle : « Et si je rate ? Et si j’oublie ? »
Plutôt que de tourner dans vos angoisses, occupez-le avec des actions simples.
Vérifiez calmement :
- Que vous avez bien relu l’offre d’emploi et noté les 3 missions principales.
- Que vous connaissez les grandes lignes de l’entreprise : secteur, taille, actualité récente.
- Que vous avez en tête 3 ou 4 situations STAR prêtes à être racontées.
- Que vous avez une idée claire de ce que vous voulez demander en fin d’entretien.
- Que votre tenue est prête, que le trajet est prévu (oui, ça compte sur le niveau de stress).
Puis, arrêtez. À un moment, continuer à relire vos notes ne vous aide plus.
Vous n’êtes pas en train de préparer un examen, mais une rencontre professionnelle. Vous avez le droit d’y arriver imparfait, mais présent.
Conclusion
Vous cherchez quoi dire en entretien d’embauche comme si une phrase pouvait tout changer.
C’est rassurant de croire qu’il existe une formule magique. Ça évite d’affronter une vérité plus nuancée : un entretien, c’est une rencontre entre vos compétences, votre histoire, vos limites, et les besoins, les contraintes, les angles morts d’une équipe.
Ce que vous pouvez maîtriser, c’est :
- la clarté de ce que vous racontez ;
- l’honnêteté de vos exemples ;
- la cohérence entre votre discours et le poste.
Le reste – le contexte, les autres candidats, l’humeur du jour – ne vous appartiennent pas.
Préparez vos réponses. Travaillez vos situations STAR. Choisissez vos mots. Puis acceptez qu’au moment de parler, ce sera un peu différent, un peu tremblé parfois.
C’est là que vous aurez l’air humain. Et souvent, c’est ce que le recruteur cherche sans toujours le formuler : quelqu’un de suffisamment préparé pour être clair, et suffisamment vivant pour ne pas sonner comme un script.
Vous ne venez pas prouver que vous avez le droit d’exister.
Vous venez vérifier si ce que vous savez faire peut trouver sa place ici, avec ces gens-là, maintenant. Le reste, c’est juste de la syntaxe.
Sommaire
- 1. Pourquoi est-ce si difficile de savoir quoi dire en entretien d’embauche ?
- 2. Comment structurer ce que vous dites  ;  ; : la méthode STAR
- 3. Que dire face aux questions classiques  ;  ; : 15 exemples de réponses
- 4. Comment adapter ces réponses à votre histoire sans tricher
- 5. Les erreurs fréquentes à éviter absolument
- 6. Check-list express la veille de l’entretien  ;  ; : que préparer concrètement ?
- Conclusion


