Comment réussir un entretien d’embauche en anglais quand on a pas vraiment un bon niveau ?
Sommaire
- Entretien en anglais : ce que le recruteur évalue
- Préparer les questions classiques sans réciter
- Les phrases de secours quand vous ne comprenez pas
- S’entraîner en une semaine avant l’entretien
- Les erreurs à éviter en entretien en anglais
- Questions fréquentes sur l’entretien en anglais
- Sept phrases sur une carte

Comment réussir un entretien d’embauche en anglais quand on a pas vraiment un bon niveau ?
Le directeur des opérations venait d’Écosse, et son accent était à couper au couteau. Sa question a duré quinze secondes. Camille n’en a compris que deux mots. Elle a souri, et répondu : « Yes, of course. »
Il lui demandait comment elle gérerait un retard de livraison. Le silence qui a suivi lui a paru interminable. Pourtant, Camille parle un anglais correct, l’utilise chaque semaine avec des fournisseurs, et avait récité sans accroc, quelques minutes plus tôt, une présentation apprise par cœur. Elle s’était préparée à un texte, pas à une conversation.
Réussir un entretien en anglais ne demande pas un niveau sans fautes. Il demande de préparer des idées plutôt que des phrases, et de savoir quoi dire au moment où l’on ne comprend pas.
Entretien en anglais : ce que le recruteur évalue
Beaucoup de candidats abordent un entretien en anglais comme un examen de langue. C’est rarement le cas. Le recruteur évalue votre capacité à travailler en anglais, pas votre grammaire.
Les formes que prend l’entretien en anglais
L’anglais peut intervenir de plusieurs façons :
- Une partie de l’entretien en anglais : le recruteur bascule sans prévenir pour vérifier votre niveau, souvent pendant quelques minutes.
- Un entretien entier en anglais : avec un manager étranger, ou dans une entreprise où l’anglais est la langue de travail.
- Un test de langue : écrit ou oral, parfois séparé de l’entretien.
- Un entretien en visio ou par téléphone : plus difficile, car on ne voit pas toujours les lèvres de l’interlocuteur.
Si l’offre mentionne l’anglais, préparez-vous à ce qu’une partie de l’entretien se déroule dans cette langue, même si rien ne l’annonce.
Ce que le recruteur observe
Le recruteur ne cherche pas un anglais impeccable. Il vérifie :
- Votre compréhension : comprenez-vous les questions, y compris avec un accent ?
- Votre capacité à vous faire comprendre : vos idées passent-elles, même avec des fautes ?
- Votre vocabulaire professionnel : connaissez-vous les mots de votre métier ?
- Votre aisance : restez-vous à l’aise quand vous ne trouvez pas un mot ?
Un candidat qui fait des fautes mais se fait comprendre et ose parler convainc davantage qu’un candidat qui récite sans une faute et se bloque à la première question imprévue. C’est exactement ce qui est arrivé à Camille.
Connaissez votre niveau réel
Avant l’entretien, évaluez honnêtement votre niveau. La grille d’auto-évaluation du Cadre européen commun de référence pour les langues, publiée par le Conseil de l’Europe dans le passeport de langues européen, décrit six niveaux, de A1 à C2, pour la compréhension, l’expression orale et l’écrit.
Cette grille vous aide à indiquer un niveau juste sur votre CV, plutôt que « courant » ou « bon niveau », qui ne veulent rien dire. Elle vous évite surtout de surestimer votre niveau : un CV qui annonce un anglais courant crée une attente que l’entretien vérifiera.
Préparer les questions classiques sans réciter
Apprendre des réponses par cœur est le piège le plus fréquent. Le texte rassure, mais il vous rend rigide : à la première question imprévue, vous perdez pied. Préparez plutôt des idées et des mots-clés.
La méthode des mots-clés
Pour chaque question classique, préparez trois ou quatre idées en français, puis notez seulement les mots-clés anglais dont vous aurez besoin. Entraînez-vous ensuite à faire des phrases différentes à chaque fois, à partir de ces mots.
Par exemple, pour vous présenter : « assistante logistique, cinq ans, transport international, planification des livraisons, suivi des fournisseurs, envie de travailler avec l’international ». En anglais : logistics assistant, five years, international shipping, delivery planning, supplier follow-up, international environment. Le jour J, vous construisez votre phrase à partir de ces mots, et elle sonne naturelle.
« Tell me about yourself »
C’est presque toujours la première question. Préparez une présentation de une à deux minutes : votre poste actuel, une réalisation, ce que vous cherchez.
« I’m a logistics assistant with five years of experience in international shipping. I plan deliveries and follow up with suppliers across Europe. Last year, I helped reduce delivery delays by reorganising our planning. I’m now looking for a role where I can work more closely with international clients. »
Notre guide pour répondre à « Parlez-moi de vous » et notre méthode pour se présenter en deux minutes s’appliquent aussi en anglais.
« Why do you want to work here ? »
Préparez deux raisons précises liées à l’entreprise, et une liée au poste.
« Your company works with clients in the UK and the Netherlands, and I already deal with these markets every week. I’d like to use my experience in a company where English is part of daily work. »
« What are your strengths and weaknesses ? »
Choisissez une qualité prouvée par un exemple et un défaut que vous corrigez. Gardez des phrases simples.
« One of my strengths is organisation : I manage up to forty deliveries a week without delays. A weakness is that I sometimes find it hard to delegate. I’m working on it by sharing tasks with a colleague every Monday. »
« Tell me about a difficult situation »
Les questions comportementales demandent un récit. Utilisez une structure simple : la situation, ce que vous avez fait, le résultat. En anglais, les mots de liaison vous aident à structurer : first, then, finally, as a result.
« A truck broke down with urgent goods for a client. First, I called the carrier to find another truck. Then, I informed the client and gave them a new delivery time. As a result, the goods arrived the same evening, and the client stayed with us. »
« Do you have any questions for us ? »
Préparez deux questions, écrites et relues à l’avance. C’est le seul endroit où vous pouvez vous appuyer sur une phrase préparée sans paraître rigide.
« What would a typical day look like in this role ? »
« How does the team communicate with international clients ? »
Notre liste de questions à poser au recruteur vous donnera d’autres idées, à traduire simplement.
Les phrases de secours quand vous ne comprenez pas
C’est le cœur de la préparation, et ce qui a manqué à Camille. Dans un entretien en anglais, vous ne comprendrez pas tout, et vous ne trouverez pas tous vos mots. Ce n’est pas grave, à condition de savoir réagir. Voici les phrases à connaître par cœur, les seules.
Quand vous ne comprenez pas la question
Ne répondez jamais au hasard. Demandez de répéter ou de reformuler. C’est normal, et un recruteur habitué aux entretiens en anglais le fait volontiers.
« Sorry, could you repeat the question, please ? »
« Could you rephrase that, please ? »
« Could you speak a little more slowly, please ? »
Si vous avez compris une partie, montrez-le : « Do you mean how I would handle a delay ? » Cette reformulation vérifie votre compréhension et montre que vous suivez la conversation.
Quand vous avez besoin de temps
Prendre quelques secondes pour réfléchir est naturel. Dites-le, au lieu de rester silencieux :
« That’s a good question. Let me think for a second. »
« Let me give you an example. »
Quand un mot vous échappe
Ne vous arrêtez pas. Décrivez le mot que vous cherchez, ou utilisez un mot plus simple. Le recruteur vous aidera souvent.
« I’m not sure of the exact word in English, but it’s the document we send with the goods to describe what’s inside. »
Cette technique, appelée la paraphrase, est l’une des compétences les plus appréciées dans un entretien en langue étrangère. Elle montre que vous savez communiquer, même avec un vocabulaire limité.
Quand vous vous trompez
Si vous vous rendez compte d’une erreur, corrigez-vous simplement, sans vous excuser longuement :
« Sorry, let me rephrase that. »
« What I mean is… »
Camille demande de reformuler
Reprenons Camille. Pour son entretien suivant, elle a préparé des mots-clés plutôt qu’un texte, et appris ses phrases de secours. Quand le manager lui pose une question qu’elle ne comprend pas, elle répond :
« Sorry, could you rephrase that, please ? » (Le manager reformule.) « Ah, you mean how I would handle a delayed delivery ? First, I would call the carrier to find out where the truck is… »
Elle n’a pas compris la première fois, et elle l’a dit. Le manager n’y a vu aucun problème : il a vu une candidate qui sait gérer une incompréhension, exactement ce qu’elle devra faire avec ses clients.
S’entraîner en une semaine avant l’entretien
Une semaine suffit pour retrouver de l’aisance, même si vous ne parlez pas anglais tous les jours. Voici un programme simple, à raison de vingt à trente minutes par jour.
Jours 1 et 2 : le vocabulaire de votre métier
Listez une trentaine de mots et d’expressions propres à votre métier, en anglais : vos tâches, vos outils, vos interlocuteurs, vos indicateurs. Cherchez leur prononciation dans un dictionnaire en ligne qui propose l’audio. Ces mots sont ceux qui vous manqueront le plus le jour J.
Jours 3 et 4 : parler à voix haute
Pour chaque question classique, répondez à voix haute à partir de vos mots-clés, trois fois, en changeant de formulation à chaque fois. Enregistrez-vous avec votre téléphone, puis réécoutez. Vous repérerez les mots que vous prononcez mal et les hésitations à corriger.
Jour 5 : écouter des accents différents
Écoutez des interviews, des podcasts ou des vidéos professionnelles avec des accents variés : britannique, américain, irlandais, indien, et anglais parlé par des non-natifs. Le jour J, votre interlocuteur n’aura peut-être pas l’accent des manuels scolaires.
Jours 6 et 7 : la simulation
Demandez à un proche qui parle anglais, à un ancien collègue ou à un professeur de vous faire passer un entretien blanc, de préférence en visio pour se rapprocher des conditions réelles. Demandez-lui de poser au moins une question imprévue, et entraînez-vous à utiliser vos phrases de secours. Si personne n’est disponible, des plateformes d’échange linguistique permettent de converser avec des natifs.
Le jour J
Écoutez un peu d’anglais le matin, pour mettre votre oreille dans le bain : un podcast, une vidéo, une émission. Relisez vos phrases de secours. Pendant l’entretien, parlez plus lentement que d’habitude : c’est plus facile pour vous, et plus clair pour le recruteur. Si l’entretien a lieu par téléphone, choisissez un endroit très calme et utilisez des écouteurs : la compréhension y est plus difficile qu’en face à face.
Les erreurs à éviter en entretien en anglais
Certaines erreurs reviennent chez presque tous les candidats francophones. Voici les plus fréquentes.
Réciter un texte appris par cœur
C’est l’erreur de Camille. Un texte récité sonne faux, et vous fragilise dès la première question imprévue. Préparez des idées et des mots-clés.
Répondre « yes » sans avoir compris
C’est le réflexe le plus dangereux. Répondre au hasard à une question que vous n’avez pas comprise donne une impression bien pire que de demander de répéter. Utilisez toujours vos phrases de secours.
Traduire mot à mot depuis le français
Certains mots ressemblent au français mais n’ont pas le même sens. Les plus piégeux en entretien :
- actually signifie « en fait », pas « actuellement » (currently) ;
- eventually signifie « finalement », pas « éventuellement » (possibly) ;
- une « formation » se dit training, pas formation ;
- un « stage » se dit internship, pas stage ;
- « postuler » se dit apply, pas postulate.
S’excuser sans cesse pour son anglais
« Sorry for my English » au début de chaque réponse attire l’attention sur vos faiblesses et fait perdre du temps. Si vous voulez le mentionner, faites-le une seule fois, au début, avec le sourire : « English isn’t my first language, so I may ask you to repeat. » Puis parlez avec assurance.
Surestimer son niveau sur le CV
Annoncer un anglais « courant » ou un niveau C1 quand votre niveau réel est B1 crée une attente que l’entretien démentira. Mieux vaut un niveau honnête, confirmé à l’oral, qu’un niveau ambitieux contredit en deux minutes. Si l’entretien en anglais s’est mal passé, vous pouvez y revenir : nos conseils pour rattraper une réponse ratée s’appliquent aussi. Et si c’est surtout le stress qui vous bloque, notre article sur la peur de parler en entretien peut vous aider.
Questions fréquentes sur l’entretien en anglais
Sept phrases sur une carte
Avant l’entretien, recopiez vos sept phrases de secours sur une carte et relisez-les dans le métro ou dans la salle d’attente. Faire répéter, faire reformuler, faire ralentir, vérifier, gagner du temps, chercher un mot, se corriger : ce sont les seules phrases qui méritent d’être apprises par cœur. Pour le reste, des mots-clés et un peu d’entraînement à voix haute suffisent.
Au second entretien, Camille a demandé deux fois de reformuler. À la fin, le manager lui a expliqué que c’était exactement ce qu’il attendait avec les clients néerlandais : quelqu’un qui vérifie au lieu de deviner.
Pour la suite, consultez notre liste des questions les plus posées en entretien d’embauche, nos conseils pour répondre à « Pourquoi devrions-nous vous embaucher ? » et notre méthode pour réussir son entretien d’embauche.
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