
Comment répondre à « Qu’attendez-vous de ce poste ? » en entretien d’embauche ?
Comment répondre à « Qu’attendez-vous de ce poste ? » en entretien d’embauche ?
Vous êtes en train de lire un article sur comment répondre à la question « Qu’attendez-vous de ce poste ? ».
Donc, oui, vous êtes dans cette situation charmante où :
- vous avez besoin de ce travail (ou au moins de ce salaire) ;
- vous avez vaguement envie de rester digne ;
- et vous sentez bien que si vous dites vraiment ce que vous attendez, il y a une chance que le recruteur appelle la sécurité.
La question a l’air polie, presque bienveillante. En réalité, c’est une radiographie.
On vous demande : « Qu’espérez-vous encore de votre vie professionnelle ? », mais dans un langage suffisamment aseptisé pour passer en comité de direction.
Cet article n’est pas là pour vous apprendre la phrase magique – elle n’existe pas.
Il est là pour vous aider à :
- comprendre ce que le recruteur écoute vraiment ;
- clarifier ce que vous, vous attendez, sans roman ni martyr ;
- construire une réponse claire, crédible, et supportable pour vous.
On va parler stratégie, mais aussi survie mentale. Parce qu’un poste, ce n’est pas qu’un intitulé sur LinkedIn, c’est votre quotidien.
Entrons maintenant dans le vif du sujet.
1. Pourquoi les recruteurs posent-ils la question « Qu’attendez-vous de ce poste ? » en entretien ?
Avant de chercher comment répondre, il faut comprendre à quoi vous êtes réellement soumis.
Non, ce n’est pas du développement personnel. C’est de la gestion de risques.
Derrière cette question, le recruteur ne cherche pas à vous faire parler de vos rêves. Il cherche à savoir s’il est en train :
- d’embaucher un minimum de lucidité,
- ou de signer un contrat avec un futur frustré.
1.1. Que cherche vraiment un recruteur quand il vous demande vos attentes pour un poste ?
Dans sa tête, le recruteur empile des contraintes : budget, équipe, délais, objectifs, hiérarchie au-dessus de lui.
Il n’a pas besoin du « candidat idéal ». Il a besoin d’un être humain qui ne va pas exploser en vol au bout de trois mois.
Quand il pose la question, il vérifie surtout :
- Avez-vous compris le poste ?
Si vous parlez « stratégie » alors que le poste est très opérationnel, ça sonne faux. - Vos attentes sont-elles compatibles avec la réalité ?
Si vous attendez un cocon bienveillant, alors que l’équipe est en sous-effectif permanent, il le sait déjà : collision en vue. - Êtes-vous déjà dans le poste d’après ?
Quand un junior explique qu’il s’attend à « manager une équipe très vite », ça peut être vrai… mais pas pour ce poste.
Il ne vous demande pas vos attentes pour vous faire plaisir.
Il vérifie si votre scénario mental a la moindre chance d’atterrir dans son terrain.
1.2. Qu’espère-t-il éviter grâce à votre réponse ?
Votre réponse est aussi un détecteur de bombes.
Le recruteur essaie d’éviter :
- La personne qui espère un changement de vie total avec un poste banal.
- Celle qui attend d’un CDI qu’il répare dix ans de mauvaise gestion de soi.
- Celle qui confond le poste avec un programme thérapeutique.
Si vous dites, en substance :
« J’attends de ce poste qu’il me donne du sens, un équilibre parfait, une équipe bienveillante, du télétravail illimité, et qu’il compense toutes mes précédentes déceptions .»
il entend :
« Cette personne va être déçue, c’est sûr. La seule question, c’est quand. »
Il essaie aussi d’éviter l’inverse :
- Les attentes tellement faibles que ça sent la résignation (« j’attends juste un travail ») ;
- Le discours tellement formaté qu’il doute de tout (« je suis passionné par votre entreprise » récitée sur 15 offres).
1.3. Qu’est-ce qu’un recruteur entend entre vos lignes ?
Vous répondez avec des mots, mais il écoute aussi :
- votre niveau de réalisme (vous savez à peu près dans quoi vous vous engagez) ;
- votre rapport à vous-même (est-ce que vous savez ce qui vous convient ou pas ?) ;
- votre maturité (êtes-vous capable d’attendre autre chose que de la gratification immédiate ?).
Quand vous répondez à « Qu’attendez-vous de ce poste ? », vous ne parlez pas qu’au recruteur.
Vous montrez aussi la façon dont vous vous tenez – ou pas – debout dans votre vie professionnelle.
2. Comment la question « Qu’attendez-vous de ce poste ? » vous met-elle sous pression ?
Si cette question vous tétanise, ce n’est pas parce que vous êtes fragile. C’est parce qu’elle vient se planter exactement là où c’est sensible : entre ce que vous voudriez vraiment et ce que vous osez demander.
2.1. Pourquoi avez-vous l’impression de devoir mentir un peu ?
On va être clairs :
Personne ne répond totalement « vrai » à cette question. Pas au premier entretien, pas avec un inconnu, pas dans un bureau où l’horloge vous regarde mourir.
Il y a toujours un décalage entre :
- Ce que vous avez envie de dire :
« J’attends de ce poste qu’il m’empêche de finir en surchauffe mentale et en découvert chronique. » - Ce que vous pensez être autorisé à dire :
« J’attends d’avoir des missions stimulantes dans un environnement dynamique. »
Entre les deux, il y a la peur :
- de passer pour exigeant ;
- de sembler fragile ;
- de rater une opportunité en disant la mauvaise phrase.
Résultat : vous êtes tenté d’enfiler un costume de candidat raisonnable, vaguement enthousiaste, vaguement lisse.
Et vous finissez par répondre à une question qui n’a pas été posée :
« Qu’attendez-vous que je dise pour que vous me preniez ? ».
2.2. Que se passe-t-il si vous ne savez pas vraiment ce que vous attendez de ce poste ?
Il y a un autre scénario : vous ne savez plus très bien ce que vous attendez, de ce poste ou d’un autre.
Vous sortez peut-être :
- d’un environnement toxique,
- d’une période de chômage,
- d’un burn-out discret que personne n’a officiellement nommé.
Dans ces cas-là, ce que vous attendez, c’est surtout : que ça s’arrête.
La pression, l’angoisse, la galère.
Mais ça, c’est une attente globale, pas une attente de poste.
Et si vous ne la décantez pas un peu avant l’entretien d’embauche, vous risquez :
- soit de répondre à côté (« j’attends juste de la stabilité », et c’est trop vague) ;
- soit de tout déballer d’un bloc, au mauvais moment, à la mauvaise personne.
Ne pas savoir exactement ce que vous attendez, c’est normal.
Le problème, ce n’est pas l’incertitude. C’est de faire semblant que vous avez tout clarifié alors que pas du tout.
2.3. Comment clarifier vos attentes avant de chercher une « bonne réponse » ?
Avant de répondre pour le recruteur, répondez pour vous.
Prenez dix minutes, vraiment. Écrivez sans filtre :
- Ce que vous ne supportez plus (rythme, ambiance, type de management, mission vide de sens…).
- Ce dont vous avez réellement besoin à court terme (souffler, apprendre, gagner plus, vous stabiliser…).
- Ce que vous avez envie de développer (compétences, responsabilités, domaine, type de projet…).
Vous n’allez pas tout dire en entretien.
Mais si vous ne le savez pas pour vous-même, vous êtes condamné à bricoler en direct une réponse qui sonne creux.
L’idée n’est pas de livrer votre journal intime. L’idée est de choisir, dans tout ce que vous attendez vraiment, ce qui peut être dit ici, à cette personne, sur ce poste.
3. Quelles erreurs faut-il éviter quand vous répondez à la question ?
Certaines réponses sont attendrissantes, mais catastrophiques. D’autres sont techniquement « correctes », mais tellement creuses qu’elles vous effacent complètement.
Prenons le temps de regarder ce qui coince le plus souvent.
3.1. Pourquoi la réponse « J’attends une bonne ambiance » ne suffit jamais ?
Parce que tout le monde la sort.
Et parce qu’elle ne dit rien de vous.
Dire que vous attendez une bonne ambiance, c’est comme dire que vous attendez qu’on ne vous frappe pas au bureau.
Le problème n’est pas l’idée (évidemment que vous avez besoin d’un environnement correct).
Le problème, c’est que :
- ça ne parle pas du poste ;
- ça ne dit rien de comment vous travaillez ;
- ça donne l’impression que vous venez chercher une ambiance plus qu’un travail.
Si c’est important pour vous, reformulez :
« J’ai besoin d’un environnement où l’on peut communiquer simplement, où l’on se dit les choses.
Je travaille beaucoup mieux quand je peux poser des questions et partager les difficultés, plutôt que faire semblant que tout va bien. »
Là, on n’est plus dans le vœu pieux. On est dans une condition de fonctionnement.
3.2. En quoi parler uniquement de salaire ou de statut vous dessert-il ?
Vous avez le droit – et le besoin – d’être payé correctement.
Mais si, à « Qu’attendez-vous de ce poste ? », vous répondez essentiellement :
- « Un meilleur salaire » ;
- « Un meilleur titre » ;
…vous envoyez deux signaux :
- ce qui vous intéresse, c’est l’étiquette, pas le contenu ;
- vous pourriez dire la même chose dans n’importe quel entretien.
Le recruteur ne va pas vous condamner pour vouloir gagner plus.
En revanche, il veut savoir si, une fois le salaire versé, il reste quelque chose qui vous intéresse vraiment dans le quotidien du poste.
Vous pouvez intégrer le sujet sans qu’il avale tout :
« J’attends de ce poste un cadre plus stable, avec une rémunération cohérente avec mes responsabilités,
mais surtout la possibilité de… [missions, apprentissages, environnement de travail]. »
3.3. Comment éviter les réponses trop floues ou trop parfaites ?
Deux pièges opposés :
- La réponse floue :
« J’attends de ce poste d’évoluer, de m’épanouir et d’apprendre de nouvelles choses. »
C’est tellement général que cela pourrait s’appliquer à un stage, un CDI, un service civique ou un voyage scolaire. - La réponse trop parfaite :
celle où vous récitez exactement ce que la fiche de poste dit, mot pour mot.
Là, le recruteur se demande si vous êtes sincère ou juste très entraîné à l’entretien.
Pour sortir de ça, il va falloir structurer un peu.
4. Comment structurer votre réponse ?
Vous n’avez pas besoin d’un discours de cinq minutes.
Vous avez besoin d’une trame claire qui tienne en une à deux minutes, avec des phrases que vous comprenez vous-même.
4.1. Quelle structure simple pouvez-vous utiliser pour répondre clairement ?
Vous pouvez vous appuyer sur une structure en trois volets :
- Ce que vous attendez en termes de missions
→ ce que vous avez envie de faire au quotidien. - Ce que vous attendez en termes de manière de travailler
→ la façon dont vous fonctionnez le mieux (autonomie, accompagnement, cadre…). - Ce que vous attendez pour votre parcours
→ comment ce poste s’inscrit dans la suite logique de votre chemin.
Par exemple :
« De ce poste, j’attends d’abord de pouvoir [missions concrètes].
Je sais que je travaille particulièrement bien dans un environnement où [maniére de travailler].
Et dans mon parcours, ce poste représente pour moi une étape importante pour [développement précis]. »
Ce n’est pas une formule magique.
C’est un squelette. À vous de le remplir avec des mots qui vous ressemblent.
4.2. Quels types d’attentes pouvez-vous formuler sans faire fuir le recruteur ?
Vous pouvez parler sans problème de :
- Missions : « prendre en charge de A à Z… », « développer… », « approfondir… »
- Apprentissage : « monter en compétence sur… », « structurer ma pratique de… »
- Responsabilités raisonnables : « gagner en autonomie sur… », « être référent sur… »
- Cadre de travail : « un management accessible », « des objectifs clairs ».
Ce qui fait fuir, ce n’est pas l’attente elle-même, c’est :
- son irréalisme (attendre un sens existentiel d’un poste purement administratif, par exemple) ;
- son caractère exclusif (ne parler que de vos besoins, jamais de votre contribution) ;
- son ton dramatique (attendre que ce poste vous « sauve »).
Formulez des attentes qui parlent du travail que vous allez faire, et pas seulement de la place que ce poste doit occuper dans votre roman personnel.
4.3. Comment équilibrer « ce que vous attendez » et « ce que vous apportez » ?
Si vous ne parlez que de ce que vous attendez, vous donnez l’image de quelqu’un qui vient chercher sans apporter.
Il suffit de deux phrases pour rééquilibrer.
Par exemple :
« J’attends de ce poste de pouvoir approfondir la relation client sur des dossiers suivis dans la durée.
C’est un terrain où je sais que j’apporte déjà [vos forces] : j’ai l’habitude de… et on m’a souvent confié…
Et j’ai envie d’aller plus loin en… »
Vous ne faites pas un pitch commercial de vous-même.
Vous montrez simplement que vos attentes ne tombent pas du ciel : elles s’ancrent dans ce que vous savez déjà faire.
5. Exemples de réponses à « Qu’attendez-vous de ce poste ? » pouvez-vous utiliser ?
On va descendre d’un cran dans le concret. Pas pour vous donner des textes à apprendre par cœur, mais pour vous montrer à quoi peut ressembler une réponse réaliste.
Adaptez, simplifiez, réécrivez avec vos mots.
Sinon, ça sonnera comme une récitation de mauvais manuel.
5.1. Exemple de réponse si vous êtes jeune diplômé ou junior
Vous avez peu d’expérience, mais vous n’êtes pas vide.
Le but : montrer que vous voyez ce poste comme une première vraie marche, pas comme un cadeau tombé du ciel.
« De ce poste, j’attends d’abord de consolider ce que j’ai commencé à découvrir en stage :
la gestion de projets de [domaine] du début à la fin, avec un vrai niveau de responsabilité.J’ai envie d’apprendre à travailler sur des dossiers plus complets, dans une équipe expérimentée, pour gagner en méthode.
Et pour moi, ce poste serait une première étape importante pour devenir à terme [objectif raisonnable] : je ne cherche pas à brûler les étapes, mais à poser une base solide. »
Vous montrez : apprentissage, lucidité, projection sans précipitation.
5.2. Exemple de réponse si vous êtes en reconversion professionnelle
En reconversion, on vous attend au tournant.
Ce que le recruteur veut vérifier, c’est : est-ce un caprice, ou un projet construit ?
« J’attends de ce poste qu’il soit ma première expérience significative dans [nouveau domaine].
J’ai commencé à me reconvertir il y a [durée] : formation, projets personnels, éventuellement bénévolat.
Aujourd’hui, j’ai besoin d’un cadre où je peux mettre tout cela en pratique, avec un encadrement suffisamment présent au début, mais aussi une vraie confiance pour me laisser prendre en main des sujets.Dans mon parcours, ce poste représente le passage entre la reconversion “théorique” et une activité durable dans ce métier. »
Vous montrez : cheminement, investissements déjà faits, besoin d’un terrain réel, sans demander miraculeusement un poste senior.
5.3. Exemple de réponse si vous êtes profil expérimenté (ou un peu usé)
Après plusieurs années, voire décennies, on attend de vous une certaine clarté.
Le risque : soit le cynisme total, soit le discours héroïque d’école de commerce.
« Après plusieurs années sur des postes de [X], j’attends de ce poste deux choses principales.
D’abord, la possibilité de continuer à faire ce que je sais faire et que j’aime faire : [missions clés], en ayant un vrai impact sur [projets, clients, organisation].
Ensuite, un cadre qui soit clair : des objectifs définis, un échange régulier avec le management, et une marge de manœuvre réelle sur la façon d’atteindre ces objectifs.
Dans mon parcours, ce poste serait une façon de mettre à profit mon expérience sur [X] tout en sortant de [ce que vous ne voulez plus : par ex. l’hyper-urgence permanente], pour quelque chose de plus durable. »
Vous n’êtes pas obligé de jouer l’enthousiasme artificiel.
On peut être sobre, posé, et clair.
Conclusion
On pourrait croire que tout cela n’est qu’une histoire de formule bien tournée.
Apprendre à répondre correctement à « Qu’attendez-vous de ce poste ? », cocher la case, et passer à la question suivante.
En réalité, ce que vous faites, en préparant cette réponse, est plus intime :
vous êtes en train d’essayer de mettre des mots sur la manière dont vous tenez encore à vous-même dans un monde qui vous demande d’être « flexible », « adaptable » et « immédiatement opérationnel ».
Vous n’êtes pas obligé d’être héroïque.
Vous n’êtes pas obligé de tout dire.
Mais vous pouvez refuser deux choses :
- vous vendre contre ce que vous savez déjà vous détruire,
- vous dissoudre dans un langage tellement creux que même vous, en parlant, vous ne vous entendez plus.
Une bonne réponse à « Qu’attendez-vous de ce poste ? », ce n’est pas une phrase parfaite.
C’est une formulation où vous vous reconnaissez assez pour ne pas avoir honte,
et qui permet au recruteur de se dire :
« Cette personne sait à peu près ce qu’elle vient chercher ici.
Nous pouvons continuer la conversation. »
Le reste – l’équipe, le quotidien, les projets, les réunions inutiles et les petites satisfactions – personne ne peut vous le garantir en une heure d’entretien.
Mais cette petite cohérence, au moment de répondre,
celle qui vous évite de vous trahir complètement,
elle vous appartient encore.
Et c’est déjà beaucoup.
Questions fréquentes
Pour terminer, voici quelques questions fréquentes, avec des réponses simples pour vous donner des repères.
Sommaire
- 1. Pourquoi les recruteurs posent-ils la question « Qu’attendez-vous de ce poste ? » en entretien ?
- 2. Comment la question « Qu’attendez-vous de ce poste ? » vous met-elle sous pression ?
- 3. Quelles erreurs faut-il éviter quand vous répondez à la question ?
- 4. Comment structurer votre réponse ?
- 5. Exemples de réponses à « Qu’attendez-vous de ce poste ? » pouvez-vous utiliser ?
- Conclusion
- Questions fréquentes


